Arrêt des usines chinoises : le coronavirus menace la supply chain
Au 11 février 2020, le coronavirus a fait, selon les chiffres des autorités chinoises, 1 011 morts et touché plus de 40 000 personnes en Chine. Face à ce développement, le pays prend des mesures strictes pour tenter de limiter la propagation du virus. De nombreuses usines sont à l’arrêt. Si cet arrêt se poursuit, l’impact sur les approvisionnements des entreprises dans le monde deviendra problématique.

Wuhan et sa province Hubei, situées au centre de la Chine, d’où est parti le coronavirus, sont pour l’heure coupées du monde. Et les mesures de confinements s’étendent. Une vingtaine de provinces ont prolongé les congés du Nouvel An jusqu’au 9 février 2020. « Ensemble, elles représentent 80 % du PIB chinois et 90 % des exportations du pays », rapporte Le Monde.
Impact sur la supply chain
Si l’impact sur l’économie chinoise est réel, celui sur l’économie mondiale n’est pas à négliger.
« Dans ce monde globalisé, les grandes marques sous-traitent tout ou partie de leur production et assemblent souvent des composants fabriqués préalablement partout dans le monde. Des composants vendus par des fournisseurs qui peuvent faire défaut aux premiers soucis d’approvisionnement », écrit dans nos colonnes Christophe Philippart, directeur Europe du sud chez Llamasoft, en apportant des solutions.
Deux exemples de rupture d’approvisionnement
On se souvient de deux exemples emblématiques de rupture d’approvisionnement dans l’industrie automobile après des incendies :
- l’usine Recticel en République Tchèque qui fabrique des composants plastiques pour l’industrie automobile. Son site de production a été à l’arrêt après un incendie en janvier 2017. De nombreux constructeurs automobiles ont été directement impactés ;
- l’équipementier Meridian Magnesium aux États-Unis a été victime d’un incendie en mai 2018. Le sinistre a provoqué l’interruption des usines Ford, General Motors ou encore BMW.
Anticiper le risque
Le baromètre sur les risques supply chain, réalisé par le cabinet de conseil KYU et le master spécialisé de management des risques des Arts et Métiers ParisTech, montre que les entreprises françaises ont encore des lacunes en matière de cartographie de leur chaîne d’approvisionnement.
En effet, 65% des entreprises ne possèdent pas de cartographie de leur supply chain. 55% ne connaissent pas la localisation précise des sites de production de leurs fournisseurs. Et 70% ne connaissent pas leurs fournisseurs de rang 2.
Un grand nombre d’entreprises européennes dépendent du marché chinois, pour les matières premières comme pour les produits finis. Anticiper les risques de la supply chain et savoir y répondre est incontournable.

Martine Porez – Journaliste
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