Seveso. Les huit recommandations du BEA-RI après l’incendie chez Saipol à Sète
Fin juillet 2026, le Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI) a rendu son rapport d’enquête concernant l’incendie chez Saipol à Sète (Hérault), site classé Seveso seuil bas, survenu le mercredi 10 avril 2024. Huit recommandations ont été émises.

À retenir
- fin juillet 2026, le BEA-RI a rendu son rapport d’enquête concernant l’incendie chez Saipol à Sète (Hérault) survenu le mercredi 10 avril 2024 ;
- il s’agit d’un site classé Seveso seuil bas sur lequel une maintenance était en cours ;
- cet incident avait fait un blessé grave ;
- le BEA-RI dévoile qu’une atmosphère explosive (Atex) est en cause dans cette explosion suivie d’un incendie ;
- le BEA-RI pointe également des facteurs contributifs ayant favorisé cet incident sur le site Saipol de Sète en 2024 ;
- dans son rapport, le BEA-RI a émis huit recommandations à l’encontre de Saipol à la suite de cet événement du mercredi 10 avril 2024 ;
- le rapport d’enquête et la synthèse du rapport du BEA-RI sur cet incendie chez Saipol à Sète sont disponibles en version intégrale à la fin de cet article ;
- enfin, rappelons qu’une précédente explosion survenue sur le site Saipol à Dieppe avait fait deux morts en février 2018 (retour d’expérience disponible en lien dans cet article).
Incendie chez Saipol à Sète : ce qu’il s’est passé le 10 avril 2024
Le mercredi 10 avril 2024 à 16h40, une explosion suivie d’un incendie se produit à 16h40 sur le site classé Seveso seuil bas de Saipol à Sète dans l’Hérault.
Cet événement provoque le déclenchement du plan d’opération interne (POI) et fait un blessé grave.
Cet incendie chez Saipol a lieu sur l’unité d’estérification. Il s’agit d’un entrepôt qui sert à la fabrication de carburant à partir de graines.
Parmi les éléments à retenir concernant cet atelier :
- 300 m³ de diester (un biocarburant) sont entreposés ;
- le site fait l’objet d’une maintenance annuelle.
La cause de l’incendie chez Saipol à Sète
Selon le rapport d’enquête du Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI), les investigations menées et complétées par des essais en laboratoire de l’Ineris établissent que « l’accident résulte de l’inflammation d’une atmosphère explosive (Atex) constituée dans une capacité qui n’avait pas été totalement vidée et inertée lors de la préparation de l’arrêt ».
À lire également
Notre fiche pratique : « Travaux en zone Atex ».
Dans son rapport publié en juillet 2026, le BEA-RI met également en avant « deux facteurs contributifs » de l’incendie chez Saipol à Sète survenu le 10 avril 2024 :
- « la méconnaissance de l’état réel de l’installation par les entreprises intervenantes ;
- et l’indisponibilité concomitante des deux réseaux incendie du site ».
Les éléments suivants ont par ailleurs joué un rôle dans cet accident :
- « des insuffisances dans les conditions d’élaboration du mode opératoire de mise à disposition de l’installation ;
- le maintien involontaire en fonctionnement du traçage électrique du coalesceur pendant la phase de maintenance ;
- l’absence de contrôle de réception formel de la mise à disposition ;
- et le contexte organisationnel du site » au moment des faits.
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Deux retours d’expérience à la suite d’incidents survenus sur des sites Saipol en France :
Les 8 recommandations du BEA-RI après l’incendie chez Saipol à Sète
Voici la liste des huit recommandations adressées par le BEA-RI à l’encontre de Saipol, à la suite de l’incendie survenu sur le site de Sète le 10 avril 2024 :
- développer la connaissance des caractéristiques des intermédiaires de réaction et en tenir compte dans les procédures de conduite et de maintenance des installations ;
- dans le cadre de la préparation des arrêts : veiller à ce que l’analyse de risque couvre la disponibilité des moyens de surveillance de protection et d’intervention et leur adéquation avec l’état de l’installation pendant les différentes phases de l’opération de maintenance (mise à disposition, déroulement des travaux, essais et remise en service).
Des mesures compensatoires doivent être mises en place le cas échéant et les conclusions de cette analyse doivent être intégrés aux différents documents encadrant les travaux (plan de prévention, zonage Atex, etc.) ;
- veiller à toujours disposer d’une vue d’ensemble des opérations de maintenance et de leurs interfaces, en particulier concernant leurs impacts potentiels sur les utilités du site (réseaux électrique, incendie, etc.) ;
- s’assurer de la disponibilité en continu de moyens de lutte contre l’incendie sur l’ensemble du site ou prévoir des moyens compensatoires en cas de défaut de l’un deux ;
- proposer aux services de secours publics un protocole d’information en cas d’indisponibilité partielle et ponctuelle des moyens de lutte contre l’incendie ;
- revoir la procédure de conduite de l’installation pour préciser ses modalités d’arrêt partiel, en abordant notamment la nécessité de vidange des capacités, l’inertage et l’isolement des tuyauteries, les consignations à réaliser ;
- lors de travaux de maintenance impliquant des entreprises extérieures : veiller à ce que leur soit communiqué en amont toutes les informations nécessaires sur l’état de l’installation, et s’assurer qu’il en soit bien tenu compte dans les analyses de risque réalisées par les entreprises extérieures ;
- dans le cadre de la reconstruction de l’unité : veiller à la mise en œuvre de moyens d’isolement et de vidange de l’ensemble des capacités, en cohérence avec la procédure de conduite et de maintenance de l’installation.
En savoir plus
Retrouvez la version intégrale du rapport d’enquête du BEA-RI (112 pages) sur l’incendie chez Saipol à Sète.
L’ensemble des rapports d’enquête du BEA-RI sont également disponibles dans notre rubrique “Rapports”.

Eitel Mabouong – Journaliste
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