Télémaintenance, quand l’industrie se connecte à l’extérieur
David Bigot, consultant sécurité des systèmes d’information et des systèmes industriels chez Orange Cyberdéfense, revient sur l’émergence de l’industrie 4.0 et les risques d’interférence générés par l’ouverture et l’interdépendance croissante du système industriel avec l’univers virtuel, notamment avec la télémaintenance.

On parle beaucoup de l’industrie 4.0, la révolution numérique appliquée au monde industriel. Télédiagnostic, télémaintenance… quels types d’opérations à distance se sont développés avec cette transformation ?
David Bigot. Savoir si la télémaintenance fait partie de l’industrie 3.0 ou 4.0 est déjà un sujet qui fait débat. La télémaintenance s’est mise en place très progressivement. Dans les usines, les équipes internes de maintenance ont mis en place des capacités pour intervenir à distance sur les machines. Par exemple, pour des chaînes qui fonctionnent 24 h/24 sur le mode des 3 x 8, les automaticiens n’ont plus eu à se déplacer pour leurs interventions. Si sur une ligne de production, un opérateur remontait un problème, ça permettait d’établir un premier diagnostic rapide, avant de potentiellement se déplacer. En se connectant au réseau bureautique de l’entreprise, on a pu ainsi accéder plus facilement aux environnements industriels. Cette façon de procéder, impliquant la mise en place d’une interconnexion entre le réseau bureautique et le réseau industriel, existe depuis au moins 5 ans. Ensuite, un début de télémaintenance s’est instauré pour gagner en efficacité. L’objectif était de limiter l’arrêt du système, typiquement pour cause de problème informatique, et donc de pouvoir faire un diagnostic à distance très vite.
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