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Risk-management - Amrae - Oliver_Wild - Crédit photo: Charles de Toirac

Interview. Oliver Wild (Amrae) :
« La prévention, socle de l’entreprise responsable »

Oliver Wild a pris le relais de Brigitte Bouquot à la tête de l’Amrae (Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise) depuis le 6 juillet 2020. Directeur des risques, des assurances et de la coordination du contrôle interne de Veolia, il nous présente sa feuille de route et effectue un premier retour sur la crise sanitaire.

Article extrait du n°565 de Face au Risque : « Télétravail, le jour d’après » (septembre 2020).

Quelles sont les raisons qui ont motivé votre engagement à la tête de l’Amrae ?

Oliver Wild. Je suis membre de l’Amrae depuis 2013 et je participe à son conseil d’administration depuis 2015. J’entretiens un lien affectif fort avec l’association. Le Comex est une équipe très soudée avec un mode de fonctionnement très collégial. J’ai envie de contribuer au dynamisme de l’Amrae. Son atout est d’apporter énormément de valeur ajoutée au positionnement du risk management au sein de l’entreprise.

L’association a fortement évolué ces dernières années dans son discours Notamment sur la partie identification et analyse des risques, sur les moyens de prévention, de maîtrise des risques et de continuité d’activité, voire de redémarrage. Pour moi, c’est vraiment un sujet critique. Car sans cette étape fondamentale, l’entreprise ne peut pas bien calibrer et souscrire ses assurances. D’autre part, sans gestion des risques, on ne peut pas non plus construire une entreprise résiliente. C’est en définitive le socle de l’entreprise responsable.


« Impulser une nouvelle dynamique pour regrouper
davantage de PME autour du risk management »


Quels sont les chantiers que vous allez poursuivre et ceux que vous allez initier ?

O. W. L’un des chantiers va être de continuer la pédagogie sur la gestion des risques et le risk manager dans l’ensemble du tissu économique. Il faut également poursuivre le dialogue sur la couverture des événements exceptionnels à l’instar de la réflexion entamée par le ministère de l’Économie dans un groupe de travail dont faisait partie l’Amrae. La crise a montré en la matière sa carence. J’ai évoqué la résilience du tissu économique : ce thème ne concerne pas que les grandes entreprises. Nous disposons de pôles régionaux qui doivent impulser une nouvelle dynamique pour regrouper davantage de PME autour du risk management. L’idée c’est de donner des clés à ces entreprises, non seulement pour inculquer une philosophie mais aussi fournir des outils d’aide à la décision et de construction de la résilience.

Autre axe de développement, plus organisationnel celui-ci, c’est la construction d’une Maison du risk management. En créant cette Maison, les adhérents vont pouvoir interagir de façon plus fréquente. Cela passera par l’accès à davantage de formations certifiantes. Et également à des modules sur des aspects d’actualité, ou à des soft skills liées à l’intelligence collective et indispensables au positionnement du risk manager. Cette Maison des risk managers accueillera aussi des étudiants. Car au sein de l’Amrae, nous devons faire encore plus de place à la génération montante.


« Les entreprises qui ont investi dans le risk management
ont une capacité à rebondir plus rapidement »


Quel(s) premier(s) retour(s) faites-vous de la crise sanitaire ? 

O. W. La crise récente démontre que le risk management est probablement l’une des rares certitudes qui n’a pas volé en éclat. La crise sanitaire a déclenché une crise économique qui va avoir des conséquences sociales, et potentiellement politiques. L’environnement va être chahuté et l’on va s’appuyer sur les entreprises pour la phase de rebond.

On observe que les entreprises qui ont investi dans le risk management sont les plus résilientes. Elles ont absorbé, au moins partiellement, le choc de cette crise, et ont une capacité à rebondir plus rapidement. Un autre aspect, c’est l’opportunité de mieux reconstruire pour pouvoir être plus fort. En intégrant les défis d’avant, comme le changement climatique, mais aussi en absorbant certains risques exacerbés, comme le risque cyber, ou d’autres plus diffus et lent à s’exprimer, comme le risque psychosocial.