Seule 1 entreprise sur 2 dispose d’un plan de continuité d’activité, malgré des risques bien identifiés
L’assureur QBE France a publié un baromètre sur la gestion des risques par les PME-ETI, avec un focus sur les plans de continuité d’activité. Seule 1 entreprise sur 2 dispose d’un plan de continuité d’activité, selon cette étude, dans un environnement stratégique incertain.

Entre les tensions commerciales réactivées entre grandes puissances, un climat géopolitique tendu, et le retour annoncé de politiques protectionnistes aux États-Unis, les PME et ETI françaises évoluent dans un environnement stratégique incertain.
Dans ce contexte, elles revoient leurs priorités d’investissement. Selon la dernière étude QBE[1], réalisé avec OpinionWay, elles sont de plus en plus nombreuses à considérer la gestion des risques comme un axe stratégique. Mais cette ambition se heurte à une réalité plus fragile : si les risques sont bien identifiés, seule 1 entreprise sur 2 est réellement préparée pour y faire face.
Les chiffres à retenir
Gestion des risques, poste principal pour près de deux dirigeants sur trois
Alors que les PME et ETI françaises doivent arbitrer entre développement commercial, innovation ou encore ressources humaines, la gestion des risques s’impose progressivement comme une priorité à part entière.
Selon le baromètre QBE–OpinionWay, 64 % des entreprises considèrent ce sujet comme un poste d’investissement majeur, au même titre que leurs axes traditionnels de croissance. Pour 1 entreprise sur 3, il s’agit même d’une priorité absolue, notamment dans les secteurs les plus exposés comme l’agriculture, l’industrie ou la construction.
Parmi les menaces identifiées, trois risques dominent : l’inflation (42 %), l’instabilité économique (39 %) et les tensions sur les ressources humaines (32 %). Les ETI, plus exposées, identifient en moyenne 3,5 risques majeurs, contre 2,8 pour l’ensemble des répondants.
Pourtant, seule 1 entreprise sur 2 a aujourd’hui mis en place un plan de continuité d’activité (PCA), un dispositif pourtant clé en cas de crise. Ce niveau de préparation reste faible, y compris dans les structures les plus exposées, et expose directement les entreprises à un coût opérationnel en cas de rupture : perte d’exploitation, désorganisation, atteinte à la réputation… autant de conséquences que le PCA vise justement à anticiper.
Si 91 % des entreprises ont au moins initié une démarche (PCA en place ou en projet), cette dynamique reste en décalage avec l’intensité des risques identifiés. Leur perception progresse, mais les dispositifs concrets peinent encore à suivre.
[1] Étude QBE x OpinionWay réalisée par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI du 21 au 27 mai 2025 auprès d’un échantillon de 305 dirigeants, DAF, responsables en gestion de risques, d’entreprises privées de 50 à 4999 salariés.
« Nous faisons face à un paradoxe : les entreprises identifient de mieux en mieux les risques, mais tardent encore à se structurer pour y répondre. Il y a une vraie lucidité sur les menaces économiques, géopolitiques ou commerciales. Cette conscience doit désormais devenir un levier d’action, notamment pour accompagner les ambitions d’ouverture à l’international. »
Delphine Leroy, Directrice Générale de QBE France.
Près de trois dirigeants sur quatre misent toujours sur les États-Unis
Malgré les tensions commerciales, les débats sur les droits de douane, notamment côté américain, et un contexte géopolitique instable, les PME-ETI françaises maintiennent leur ambition de développement à l’international.
87 % des dirigeants identifient toujours l’Europe comme le marché à plus fort potentiel, en tête des zones jugées prioritaires.
La Chine (74 %) et les États-Unis (73 %) arrivent ensuite, à quasi-égalité. La Chine est davantage citée à l’import (45 %), tandis que les États-Unis conservent une forte attractivité à l’export, pour près d’1 dirigeant sur 2.
Ces deux pays s’imposent ainsi, aux côtés de l’Europe, dans le top 3 des zones perçues comme les plus stratégiques.
Cette projection vers l’international reste ainsi assumée, y compris vers des zones sous tension. Des marchés comme la Russie ou la Péninsule arabique, pourtant marqués par des incertitudes géopolitiques sérieuses, continuent d’attirer certains profils d’entreprises. Les ETI, plus exposées à ces marchés, apparaissent particulièrement dynamiques sur les échanges internationaux, notamment à l’import depuis la Chine ou à l’export vers l’Europe.
Les entreprises cherchent ainsi à maintenir leur activité à l’export, à diversifier leurs relais de croissance et à ne pas dépendre uniquement du marché européen.
À lire également
Notre dossier “plan de continuité d’activité : mode d’emploi” (octobre 2023).

QBE France – Bureau de QBE Insurance Group
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