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Le grand bluff du vehicule autonome Audi e-tron Imperator by Frédéric LE SCIELLOUR is licensed under CC BY-NC-ND 4.0

Le grand bluff du véhicule autonome

La France va débloquer une enveloppe de 200 millions d’euros pour mener à bien une dizaine de projets autour des véhicules autonomes. Pourtant, il est difficile de voir en quoi ces nouvelles expérimentations sur les véhicules permettront d’améliorer le problème du transport et de sa sécurité.

1 million de kilomètres – soit 25 fois le tour de la terre à l’équateur – c’est le trajet fou que parcourront les véhicules autonomes dans les 16 expérimentations qui verront le jour en France d’ici 2022. Mercredi 24 avril, la ministre des Transports, Élisabeth Borne a confirmé ces chiffres lors de la matinale de France Info.

Ces véhicules autonomes seront électriques et les expérimentations qui les concernent seront menées en zones rurales et urbaines, dans le transport collectif ou individuel, le domaine du fret ou de la logistique.

La recherche est toujours intéressante, pourtant se pose la question de son efficacité et de son utilité.

Le problème de l’infrastructure

Qu’il s’agisse de voiture transportant des passagers ou de véhicules transportant des charges, la question reste ouverte pour les infrastructures. Pour fonctionner correctement, les véhicules autonomes doivent pouvoir communiquer avec leur environnement et notamment avec les infrastructures comme la signalisation pour obtenir des informations. De nombreuses études convergent sur cette nécessité. Et c’est pourtant loin d’être le cas.

La communication vers l’extérieur

Et pourquoi ces véhicules ne communiqueraient-ils pas avec d’autres véhicules, comme les êtres humains le font quotidiennement avec leurs clignotants et leurs klaxons – mais d’une manière plus élaborée ? Mais qui dit davantage de capteurs dit également davantage de défaillances. Sur un tout autre sujet, c’est la leçon qu’a apprise Airbus avec son A380 : deux fois plus de moteurs signifie deux fois plus de défaillances. Pour les capteurs ce n’est pas bien différent, d’autant qu’ils sont de plus en plus connectés entre eux.

Les routes françaises sont loin d’être uniformes et standardisées et ceux qui ont traversé la France savent qu’il y a une grande disparité de conditions et d’entretien des routes secondaires.

S’il fallait normaliser les routes et investir de l’argent, ne faudrait-il pas davantage les adapter à leurs usagers ? Prenons par exemple les personnes en situation de handicap. Comment se fait-il qu’il y ait encore des routes sans trottoir, donc impraticables pour des fauteuils roulants – ou des poussettes ? Et pourquoi y-a-t-il des feux piétons sans avertisseur sonore pour les personnes non-voyantes ?

La notion de confiance

Les véhicules entièrement autonomes ne sont pas pour demain. Il y aura sans doute des étapes, il y a même des définitions qui circulent sur la plus ou moins autonomie des véhicules. Le ministères des transports américain (.pdf en anglais) propose 5 niveaux (0 : aucune autonomie, 5 : entièrement autonome) tandis que l’alliance des constructeurs automobiles en propose six.

C’est dire que l’autonomie totale n’est pas pour demain et que plusieurs véhicules avec plusieurs niveaux d’autonomie se croiseront encore longtemps sur les routes.

L’une des grandes questions est d’ailleurs de savoir comment ces différents véhicules interagiront ensemble et si les réflexes des uns ne conduiront pas aux accidents des autres.

Et on voit déjà sur quoi les critères reposeront.

Des véhicules déjà bien autonomes

Certains véhicules embarquent déjà des technologies de pointe et peuvent même – si la réglementation le permettait – devenir totalement autonomes. Il s’agit le plus souvent de véhicules haut-de-gamme où l’autonomie est vend