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Évacuation à l’ère du flex-office : qui sont vos serre-files aujourd’hui ?
Le modèle traditionnel d’organisation de l’évacuation, reposant sur des guides et des serre-files désignés et connus de tous, a fait ses preuves. Mais que vaut-il encore quand les bureaux se vident avec l’essor du télétravail ? Ou comment les responsables sécurité doivent inventer une organisation plus résiliente, agile et autonome.

La recette d’une évacuation ou d’une mise en sécurité réussie a toujours été l’humain : des collaborateurs formés, sédentaires et présents, capables d’endosser un rôle clair le jour J, avec une bonne dose d’organisation structurée et rigoureuse. Or, les calculs des effectifs de chargés d’évacuation deviennent caducs face à la nouvelle donne du travail et à une occupation variable des postes.
Avec près d’un salarié sur cinq pratiquant le télétravail au moins une fois par mois (deux sur trois parmi les cadres, Insee, 2023), la probabilité que le guide-file ou le serre-file désigné pour une zone soit absent le jour du sinistre n’est plus un risque, c’est une quasi-certitude. Si on y ajoute les congés et les arrêts maladie, mais aussi les doutes – formulés depuis longtemps par certains – sur la pertinence de distinguer les deux fonctions de guide-file et de serre-file, la chance devient le meilleur moteur de réussite.
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Notre dossier “Évacuation et mise à l’abri“.
Évacuation : résoudre l’équation de la chaise vide
Cette situation crée deux points de rupture majeurs dans la chaîne de l’évacuation, et plus globalement de la mise en sécurité :
- 1
Le premier est l’incertitude sur l’encadrement. Sans la garantie d’avoir une équipe dédiée présente à tout moment, qui va donner l’ordre d’évacuer, rassurer et vérifier que personne ne reste en arrière ?
- 2
Le deuxième point, tout aussi critique, est celui du recensement au point de rassemblement. Les listes de présence papier, déjà peu fiables, deviennent inutiles. Comment savoir rapidement si un collaborateur manque à l’appel parce qu’il est en télétravail, en RTT, ou s’il est réellement piégé dans le bâtiment en feu ? Cette information est pourtant cruciale pour les services de secours.
« Le modèle de l’évacuation ne peut plus reposer sur la seule présence permanente de quelques salariés. La question n’est plus : qui est formé ? Mais : comment garantir qu’une personne compétente sera toujours disponible ? Cela impose de passer d’une logique de désignation à une logique d’autonomisation. »
Extrait du Guide pour l’évacuation et la mise en sécurité (CNPP Éditions).
Repenser l’organisation de l’évacuation : les solutions pragmatiques
Face à ce défi, de nouvelles approches émergent, plus pragmatiques, centrées sur la polyvalence et l’autonomie de l’ensemble du personnel.
Parmi les solutions opérationnelles que l’on peut envisager :
Ces transformations s’inscrivent dans une tendance de fond. Les entreprises qui réussissent le mieux le passage au travail hybride sont celles qui ont repensé les pratiques managériales et organisationnelles. La sécurité n’échappe pas à cette règle : le défi n’est plus seulement technique ou réglementaire, il est aussi culturel et sociétal.

Anne Mesnil
Responsable éditoriale chez CNPP
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