Publicité

Amrae 2020 Brigitte Bouquot

Rencontres Amrae 2020 : « le système n’a jamais été aussi instable »

Brigitte Bouquot, présidente de l’Amrae, a décrypté le thème de ces rencontres lors de son discours d’ouverture. « Risque(e) en puissance(s) au pluriel, parce que le système n’a jamais été aussi instable ». Le ton était donné !

La 28e édition des Rencontres de l’Amrae s’est tenue à Deauville sur 3 jours, du 5 au 7 février 2020. Affichant une affluence record (3 026 badges retirés !), l’événement a marqué un tournant pour le risk management. La prochaine décade s’annonce en effet mouvementée en termes de gestion des risques, avec un marché de l’assurance qui s’est retourné pour la première fois depuis 20 ans. Une atmosphère tendue pour la profession, qui s’est révélée autant dans le discours inaugural de la présidente Brigitte Bouquot que dans les tables rondes de la première journée.

Trois défis majeurs pour l’humanité

Une pointe d’émotion transparaissait dans la voix de Brigitte Bouquot. On ne sait si cela était à mettre sur le compte de sa dernière apparition en tant que présidente, puisque après 5 ans d’exercice « BB » achève sa dernière année de mandat. Ou si cela tenait aux nouveaux enjeux qui pèsent sur la profession. Évoquant le retournement du marché de l’assurance de 2019, Brigitte Bouquot a également pointé le retour en force du risque politique en évoquant les relations houleuses entre les États-Unis et la Chine, le Brexit, la crise de Hong Kong. Et lancé cette formule : « Parce que les puissances politiques dérèglent nos modèles, alors même que les risques en puissance les poussent aux limites ». Car cette instabilité de la puissance politique se combine à une prolifération des autres risques. Selon la présidente, les challenges à relever sont à la mesure des risques :  « Notre humanité est mise au défi sur trois axes majeurs : crise climatique, révolution technologique, crise de confiance ».

Effondrement et résilience

Les tables rondes suivant le discours de la présidente ont enfoncé le clou. La première avait pour thème : « La transformation instaure de nouveaux équilibres entre risques et souverainetés. Quelles seront les puissances du futur ordre mondial ? ».  Si la question était massive, l’ensemble des intervenants, parmi lesquels l’ancien Premier ministre et ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, ou encore l’économiste Jean-Hervé Lorenzi, n’ont eu de cesse de rappeler la nécessité d’une souveraineté politique face aux menaces. De même qu’une nécessaire coordination entre les États dans le contexte de faible croissance économique. Des vœux pieux lorsque la philosophe et psychanaliste Cynthia Fleury rappelait le bouleversement climatique et la faiblesse des mobilisations gouvernementales, tandis que l’historien Thomas Gomart (IFRI) décrivait le lent effondrement des modèles traditionnels de la gouvernance mondiale.

Plus ouverte, la seconde table ronde, autour du « Risk Management, matrice du capitalisme responsable. L’entreprise, responsable de la résilience sociale, devient-elle politique ? » tendait à trouver des éléments de solution.