La ville de San Francisco interdit l’usage de la reconnaissance faciale

17 mai 20192 min

Le 14 mai 2019, San Francisco est devenue la première ville des États-Unis à interdire l’utilisation de la reconnaissance faciale.

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Le conseil municipal de la ville de San Francisco a voté mardi 14 mai 2019 l’interdiction pour la police et ses différentes agences municipales d’utiliser la technologie de la reconnaissance faciale.

« La propension à ce que la technologie de reconnaissance faciale mette en danger les droits civils et les libertés civiques contrebalance de manière importante ses soi-disant bénéfices », relève la décision qui estime également que cette technologie « va exacerber l’injustice raciale et menacer notre capacité à vivre libre de toute surveillance permanente par le gouvernement ».

Huit membres du conseil municipal sur neuf ont voté en faveur de cette nouvelle réglementation. Celle-ci doit encore faire l’objet d’un vote de procédure d’ici quelques jours, mais la probabilité d’un changement est faible selon l’AFP.

Des avis divergeant aux États-Unis

L’interdiction de San Francisco ne concerne ni les aéroports de la ville, ni ses sites régulés par les autorités fédérales. La Sécurité intérieure des États-Unis a d’ailleurs récemment annoncé que 97 % des aéroports du pays seront dotés de cette technologie d’ici à 2023.

Outre Atlantique, les forces de police de plusieurs villes ont déjà adopté la reconnaissance faciale. C’est la cas notamment de New York, Las Vegas et Detroit. Ce type de dispositif fait également l’objet de tests à la Maison Blanche. D’autres villes américaines comme Oakland réfléchissent à son interdiction. Le quotidien Les Echos rapporte même qu’un projet de loi déposé au Congrès « interdirait la collecte et l’usage des données issues de la reconnaissance faciale sans le consentement explicite des utilisateurs. »

Et en France

La France n’a pas, pour le moment, l’arsenal législatif pour que soit mise en place la reconnaissance faciale. Cependant, cette technologie a été expérimentée pendant quatre jours, fin février 2019, lors du Carnaval de Nice.

La mise en place de tels dispositifs soulève des questions éthiques. La Cnil veille. D’après la Commission, « les enjeux de protection des données et les risques d’atteintes aux libertés individuelles que de tels dispositifs sont susceptibles d’induire sont considérables, dont notamment la liberté d’aller et venir anonymement. »

Martine Porez – Journaliste

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