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Travailler dans le froid

Pendant la période hivernale, des salariés exerçant leur activité à l’extérieur, de manière ponctuelle ou régulière, peuvent se trouver confronter à des températures basses. Des conditions climatiques qui ne sont pas sans incidence sur leur santé
et les risques auxquels ils sont confrontés.

Des risques multiples

Travailler dans le froid expose le travailleur à de multiples risques comme un accident (glissades, chutes de plain-pied…), des engourdissements, engelures mais aussi une perte de dextérité ou encore une augmentation des troubles musculo-squelettiques.

Plus grave et plus immédiats peuvent être les hypothermies (état pouvant aller d’une perte de conscience momentanée au coma dans les cas les plus graves).

Certains maux et symptômes pourront même être accentués par l’environnement et notamment l’altitude (hypoxie, diminution de l’oxygène dans les tissus).

Dans la majorité des cas, les brusques changements de température ou une température plus basse qu’à l’accoutumée conduit à une augmentation de la pénibilité et à une fatigue accrue.

Enfin certaines maladies respiratoires pourront survenir ou s’aggraver à la suite à la suite d’un exposition au froid.

Des moyens de prévention

Il existe cependant des moyens de prévenir l’apparition de ces risques. Il s’agit notamment :

  • d’évaluer les risques et vérifier qu’ils ont été répertoriés dans le document unique d’évaluation des risques,
  • de distinguer les situations de travail en extérieur du travail en ambiance froide,
  • de suivre l’évolution des conditions climatiques,
  • de tenir compte du vent (qui augmente la sensation de froid) en utilisant l’indice de refroidissement éolien établi par les météorologues canadiens,
  • d’organiser mieux les tâches et les roulements pour éviter les expositions trop longues,
  • d’éviter les situations de travail isolé, les activités physiques intenses, les horaires les plus froids de la journée,
  • d’informer et former les salariés aux risques,
  • de prévoir des tenues de travail adaptées en privilégiant l’empilage de couches,
  • de prévoir des équipements de protection individuels (EPI) adaptés au froid : gants, bottes, casques…,
  • de prévoir des pauses régulières avec des boissons chaudes.

La liste n’est pas limitative et l’analyse des risques doit s’adapter à chaque poste de travail.

Des équipements spécifiques

L’un des premiers remparts contre le froid est le vêtement. Dans certains cas, ce vêtement pourra même être un équipement de protection individuelle (EPI) et devra donc répondre aux normes le concernant.

Certains sont même soumis à plusieurs normes, dont la première est la NF EN ISO 13688 (septembre 2013) qui définit les exigences générales des vêtements de protection.

Dans le domaine des EPI offrant une protection contre le froid, plusieurs normes sont employées :

  • l’EN 342, concernant les vêtements de protection, ensembles vestimentaires et articles d’habillement de protection contre le froid à des températures inférieures à -5 °C (novembre 2017) ;
  • la NF EN 511 relative aux gants de protection contre le froid (juin 2006) ;
  • la NF EN 14058 Habillement de protection – Vêtements de protection contre les environnements frais – Vêtements de protection – Articles d’habillement de protection contre les environnements frais. Elle spécifie des exigences et des méthodes d’essai relatives aux performances des vêtements pour la protection contre les effets d’environnements frais à des températures supérieures à -5 °C. Ces effets comprennent non seulement les basses températures de l’air, mais également l’humidité et la vitesse de l’air (novembre 2017).

Les performances du vêtement de protection contre le froid

Pour se sentir à l’aise quel que soit le climat, la quantité de chaleur produite par le corps doit correspondre à la quantité de chaleur perdue. Dans le cas contraire, si le sujet a trop chaud, le corps évacue le surplus de chaleur par transpiration. S’il a froid, le corps frissonne pour générer de la chaleur. Il y a trois processus de transmission de la chaleur par les vêtements, l’évaporation, la conduction et la convection. L’évaporation s’effectue lorsque le liquide se transforme en vapeur par processus de transpiration, laquelle doit être évacuée. La conduction est un mode de transfert de chaleur provoqué par la différence de température entre deux objets, l’un froid et l’autre chaud. La convection implique un déplacement de chaleur par l’air qui entre ou qui s’échappe.

La quatrième donnée à prendre en compte est l’humidité dégagée par le corps. Si cette dernière reste emprisonnée, la température corporelle risque soit de monter soit de descendre avec un risque d’hypothermie par grand froid.

Plusieurs valeurs sont en conséquence intéressantes pour définir les performances d’un vêtement de protection contre le froid : la résistance thermique, la résistance évaporative et la perméabilité à l’air.

Trois épaisseurs pour être protégé

On considère qu’une isolation thermique est optimale avec trois couches de vêtements, chacun ayant un rôle spécifique. La première, formée par les sous-vêtements, est par définition près du corps. Son rôle est d’évacuer, de drainer la transpiration tout en gardant de préférence le corps sec, c’est-à-dire en ne retenant pas l’humidité. Elle doit évidemment être changée fréquemment pour des questions d’hygiène. On préférera une matière synthétique, aux capacités d’absorption de la transpiration par capillarité.

La couche extérieure, directement exposée au froid, doit être de préférence à maillage fin, de type coupe-vent. Elle doit pouvoir arrêter les gouttes d’eau sans toutefois empêcher la vapeur d’eau, la transpiration, d’être évacuée. Elle ne doit pas être trop fine ni trop épaisse au sens ou elle doit laisser une bonne liberté de mouvements sans toutefois transmettre une quantité de froid trop importante par conduction. La couche intermédiaire a pour rôle d’isoler les sous-vêtements de la couche extérieure, par le biais d’un rembourrage qui va également retenir l’air. Les trois couches d’air entre chaque épaisseur et la peau jouent un rôle d’isolant, ce qui explique pourquoi il est préférable d’éviter de porter des vêtements serrés pour bénéficier d’une meilleure isolation thermique.

Ne pas oublier la tête ni les mains

Le visage, la tête et le cou sont cinq fois plus sensibles aux changements de température que le reste du corps. Ils peuvent représenter à eux seuls jusqu’à 40 % des pertes de chaleur. Vent et humidité aggravent la déperdition thermique, y compris lors de températures positives basses. L’usage de crème grasse permet également de limiter les pertes d’eau dans les tissus de l’épiderme et limite ainsi assèchements de peau, inflammations et autres sources de plaies potentielles notamment au niveau du visage.

Les gants

Les gants viennent compléter l’équipement de protection individuelle contre le froid. De la même manière qu’une protection de tête et de cou, ils sont essentiels lorsque la température est basse. Le corps a tendance à provoquer essentiellement une vasoconstriction, c’est-à-dire un resserrement extrême des petits vaisseaux sous-cutanés, dans le but de limiter la perte de chaleur par conduction et favoriser la circulation sanguine des organes vitaux. Les doigts sont encore plus exposés aux engelures, la sensation du toucher est diminuée, les mouvements deviennent gourds et peuvent être générateurs d’accidents. Ce sont autant de raisons valables pour bien protéger ses mains.

La norme NF EN 511 permet de déterminer des niveaux de performance qui permettent de classer et comparer les gants les uns par rapport aux autres. La résistance au froid convectif est évaluée sur quatre niveaux tout comme la résistance au froid de contact. La perméabilité à l’eau est déterminée par le biais d’un autre critère. Le niveau minimal est obtenu si aucun passage d’eau n’est apparu 30 minutes après le début de l’essai. Si cette exigence est remplie, le niveau de performance est marqué « 1 ». D’autre part, les gants doivent satisfaire au moins au niveau « 1 » de résistance à l’abrasion et de résistance à la déchirure.

David Kapp Rédacteur en chef Face au Risque

David Kapp
Rédacteur en chef

A. A.
Journaliste à Face au Risque en 2013, il est désormais journaliste dans l’aéronautique.

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