Rapport d’activité 2025 du BEA-RI : les principaux enseignements

29 juin 20266 min

Voici les principaux enseignements du rapport d’activité 2025 du BEA-RI, publié le 22 juin 2026. Pour rappel, le Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI) est chargé de mener des enquêtes techniques à la suite des principaux accidents industriels.

Le BEA-RI publie son rapport d'activité 2025 (crédit photo PxHere).

À retenir :

  • le rapport d’activité 2025 du BEA-RI (Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels) a été publié le lundi 22 juin 2026 ;
  • 13 rapports ont été publiés en 2025, dont ont été émises 104 recommandations ;
  • 14 enquêtes ont été ouvertes en 2025 ;
  • le BEA-RI répond à cinq fausses affirmations sur les feux de batteries lithium et zone Atex ;
  • la projection ou la ruine fait l’objet d’une nouvelle forme de phénomènes dangereux à l’origine des accidents, à la suite d’un événement survenu en novembre 2025 ;
  • le BEA-RI émet des recommandations et des enseignements de sécurité sur cinq grandes thématiques ;
  • enfin, le BEA-RI rappelle les enjeux de la communication entre l’exploitant d’un site industriel et ses sous-traitants.

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI) a été mis en place fin 2020 pour réaliser des enquêtes techniques sur les accidents industriels les plus importants afin d’en déterminer les causes et faire progresser la sécurité.

Le rapport d’activité 2025 du BEA-RI recense 14 enquêtes ouvertes

Comme le rappelle le rapport d’activité 2025 du BEA-RI, 14 enquêtes techniques ont été ouvertes sur l’ensemble du territoire national l’année dernière.

14
  • 1 site appartient à l’industrie du bois ;
  • 2 au secteur du traitement des déchets ;
  • 1 site à l’industrie pétrolière ;
  • 1 site au secteur spatial ;
  • 2 sites à l’industrie gazière ;
  • 6 sites au secteur de l’industrie chimique.

8 de ces 14 sites répertoriés dans le rapport d’activité 2025 du BEA-RI, et pour lesquels une enquête a été ouverte, sont des installations classées Seveso.

Répartition des enquêtes
par typologie de site

Les types d'installation ayant fait l'objet d'une enquête du BEA-RI en 2025.

Les phénomènes dangereux qui ont été rencontrés

Les types d'événement pour lesquels le BEA-RI a enquêté en 2025.

Source : rapport d’activité 2025 du BEA-RI.

Les phénomènes dangereux à l’origine des accidents ayant fait l’objet d’une ouverture d’enquête sur l’année 2025 concernent : des fuites/rejets dans 50% des cas (7 sur 14), des incendies (5), une explosion et une projection/ruine.

Le BEA-RI souligne que la projection/ruine est une « nouvelle forme de phénomène dangereux (…) créé spécifiquement pour l’enquête ouverte à la suite d’une chute de pale d’éolienne ».

Cet événement est survenu le 27 novembre 2025 au sein du parc éolien Cepe des Gravières à Roussas (Drôme). Ce site est une ICPE soumise à autorisation, exploitée par Alpiq Energie France.

Sur son site internet, le Bureau d’analyse des risques et des pollutions industriels (Barpi) fait un bref récapitulatif des faits. Il précise notamment que « cet incident s’est produit dans un contexte de fortes conditions de vent, accompagnées de rafales, dans les douze heures précédant l’événement ».

Rapport d’activité 2025 du BEA-RI : les enquêtes publiées

13

Le rapport d’activité 2025 du BEA-RI recense 13 rapports publiés au cours de l’année dernière.

Sur ces 13 rapports, 11 concernent des enquêtes ouvertes en 2024 et 2025.

Les deux autres rapports publiés en 2025 concernent des incendies survenus en 2023 et 2022 impliquant des batteries lithium-ionBolloré Logistics en Seine-Maritime et SUN’R en Haute-Corse.

Au sein de ces 13 rapports, le BEA-RI a émis 104 recommandations à l’attention des exploitants, des équipementiers, des entreprises extérieures et des services de l’État.

À lire également

Les six articles de notre grand dossier “Batteries au lithium : l’emballement thermique” (mars-avril 2025).

Enseignements de sécurité et recommandations

Les enseignements de sécurité et les recommandations peuvent être classés en cinq grandes catégories :

  • les mesures techniques ;
  • les mesures organisationnelles et humaines ;
  • les études ;
  • le renforcement des contrôles ;
  • la réglementation.

Mesures techniques

À propos des mesures techniques, le BEA-RI a émis des recommandations liées aux domaines :

  • des systèmes de stockage d’énergie (BESS) ;
  • du transport d’hydrogène ;
  • de la chimie et pétrochimie ;
  • de la sidérurgie.

Mesures organisationnelles et humaines

Les mesures humaines et organisationnelles « ont largement été identifiées comme des causes d’accidents et des facteurs contributifs », précise le BEA-RI, qui énumère notamment cinq thèmes principaux :

  • la gestion des compétences ;
  • la gestion de la documentation ;
  • la gestion des chantiers et des intervenants externes ;
  • la transmission de l’information aux utilisateurs et aux clients externes ;
  • l’intervention en cas de sinistre (déclenchement et gestion des alertes, organisations des secours, gestion post-sinistre).

Études

S’agissant des recommandations d’études, elles ont été regroupées sous la forme de quatre thématiques dans ce rapport d’activité 2025 du BEA-RI :

  • la prévention des risques d’incendie ;
  • la sécurité des procédés de stockage et de transport ;
  • l’optimisation des processus et de la gestion des déchets ;
  • la résilience organisationnelle et la culture sécurité.

Renforcement des contrôles

Concernant le renforcement des contrôle, le BEA-RI met en avant trois axes principaux :

  • le contrôle des installations et équipements ;
  • la gestion des interventions et des situations post-sinistre ;
  • la sécurité des transports et des flux logistiques.

Sous-traitance : un rappel dans le rapport d’activité 2025 du BEA-RI

Le rapport d’activité 2025 du BEA-RI met également l’accent sur les problèmes lis aux opérations de sous-traitance.

Sur ses 14 enquêtes ouvertes et ses 13 rapports enquête rendus en 2025, le BEA-RI met en exergue cinq accidents pour lesquels la communication a failli entre le site industriel et l’un de ses sous-traitants :

  • Arlanxeo ;
  • Manuco ;
  • ARF ;
  • Kem One.

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels rappelle ainsi dans son rapport d’activité 2025 :

« qu’il s’agisse d’une communication interne à l’entreprise ou entre l’entreprise intervenante et son client, une information insuffisante ou, au contraire, diluée dans un formalisme excessif, nuit à la pertinence et l’efficacité des plans de prévention et, à la fin, à une information insuffisante des opérateurs ».

Batteries lithium et zone Atex : cinq idées reçues démontées

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels répond par ailleurs à cinq idées reçues « qui peuvent conduire à des décisions coûteuses ». Trois d’entre elles concernent les feux de batteries lithium et deux autres concernent les zones ATEX.

Sur les feux de batteries lithium, le BEA-RI rappelle ainsi qu’il est faux d’affirmer que :

  • « Quand on a vu un feu de batterie lithium, on les a tous vus. »
  • « Arroser des batteries lithium-métal aggrave l’intensité de l’emballement thermique. »
  • « Les fumées d’incendies de batteries lithium sont plus dangereuses que n’importe quel autre type d’incendie. »

Enfin, pour ce qui est des zones Atex, le Bureau précise que ces deux affirmations suivantes sont fausses :

  • « L’eau ne peut pas enflammer une Atex. »
  • « Un bac exploité depuis 15 ans pour stocker du diesel et du fioul vidé et nettoyé depuis trois mois ne présente plus de risque Atex. »

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Eitel Mabouong – Journaliste

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