Gants de protection : de nouveaux besoins à combler
Le marché des gants de protection est marqué par d’importantes évolutions, tant sur le plan de la fabrication que sur le plan des nouvelles attentes des travailleurs.

Gants de protection pour les risques mécaniques : l’incontournable norme NF EN 388
La norme NF EN 388 certifie la résistance des gants de protection contre les risques mécaniques. Les cinq risques mécaniques sont : l’abrasion, la coupure, la déchirure, la perforation et l’impact (ou les chocs).
Cette certification européenne évalue les performances selon des indices précis et oriente vers le choix des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés.
Elle fait office de norme incontournable concernant les gants de protection au travail, aussi bien pour la protection contre les risques mécaniques que sur les autres types de risques (chimique, arc électrique, thermique…). La version EN 388+A1, en vigueur depuis décembre 2018, inclut le test ISO 13 997 qui ajoute une mesure supplémentaire de résistance à la coupure.

Gant assurant une protection contre le risque de coupure et de perforation © Ergos.
Des gants de protection multirisques
Continuez votre lecture… Abonnez-vous !
Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.
De nombreuses gammes de gants permettent de protéger les travailleurs contre plusieurs des cinq risques mécaniques simultanément. Il faut toutefois préciser qu’une même paire de gants protégeant contre plusieurs de ces risques mécaniques peut mettre l’accent sur l’un d’eux en particulier.
Exemple : un gant dont l’objectif premier est de garantir une protection contre le risque de coupure peut disposer d’un indice de performance maximal sur le risque coupure et d’un indice de performance inférieur sur le risque abrasion.
En raison d’un contact avec la corde, le travailleur utilise un gant de protection contre le risque d’abrasion © Arclin.

Outre la possibilité de couvrir plusieurs des risques mécaniques à la fois, des marques ont également mis sur le marché des gants de protection multirisques couvrant dans le même temps des risques mécaniques et d’autres risques en complément.
« L’un des axes majeurs est le développement de solutions multirisques, capables d’offrir simultanément une protection chimique, mécanique et contre les projections, tout en conservant confort et dextérité » explique-t-on ainsi du côté du fabricant australien Ansell.
Quant à savoir quel gant de protection multirisques privilégier, « l’utilisation d’un gant se fait par rapport à un poste de travail, confie Marc Thouvenin, chef produits gants pour le fabricant Ergos. Le but est de toujours préconiser le meilleur produit par rapport aux risques encourus. »
Dextérité et confort comme principales attentes
« Pour qu’un équipement de protection individuelle protège, il faut qu’il soit porté » rappelle Ingrid Doger, directrice marketing de Groupe RG, maison-mère de la marque Ergos. « L’objectif est toujours de faire en sorte que le produit entrave le moins possible la dextérité de l’utilisateur, qu’il se fasse un peu oublier de l’utilisateur tout en le protégeant. »
« Le marché des gants de protection met de plus en plus l’accent sur l’amélioration du confort sans compromettre la protection, appuie-t-on du côté du fabricant américain Arclin. L’un des principaux axes d’innovation est le développement de gants plus fins et plus flexibles, tout en offrant des niveaux de résistance équivalents, voire supérieurs. Les fabricants de gants investissent donc dans des matériaux avancés, tout en maintenant des normes de performance élevées. Cela permet aux travailleurs d’effectuer des tâches de précision plus facilement, sans sacrifier la sécurité. »

Des innovations techniques permettent d’allier sécurité et usage tactile © Uvex Heckel.
Afin de parvenir à ce résultat, une évolution notable est à souligner concernant les matières utilisées pour la conception des gants de protection.
« Il y a vingt ans, le gant en cuir avait encore une place importante sur le marché. Aujourd’hui, il y a les gants tricotés avec de nouvelles fibres qui sont nettement plus confortables, beaucoup plus fins et plus protecteurs » note Marc Thouvenin.
« Aujourd’hui, l’innovation majeure repose sur de nouveaux fils haute performance (HPPE, fibres techniques renforcées, mélanges avec acier, utilisation de tungstène) qui offrent une résistance accrue aux coupures tout en gagnant en finesse, nous confirme Olivier Poisson, chef produits gants Uvex Heckel. Cela permet de développer des gants très souples, avec des jauges élevées comme la jauge 21, offrant une dextérité proche d’une seconde peau. »
Gants de protection : la tactilité comme nouveau besoin
Les fibres composant les gants de protection ne sont pas les seules évolutions importantes survenues au cours des vingt dernières années. L’usage de technologies sur les lieux de travail, tels que les smartphones ou les tablettes, s’est en effet très fortement démocratisé.
Un constat qui a, là encore, nécessité une adaptation des fabricants de gants de protection. « Il y a déjà des gants qui permettent de répondre au besoin de tactilité » confirme François André, European key account manager & France country manager chez Showa.
Des innovations techniques permettent d’allier sécurité et confort © Uvex Heckel.

L’intéressé concède toutefois qu’une certaine schizophrénie peut exister au sein des entreprises.
« Le marché est un peu contradictoire : il tend vers une tactilité des gants, pourtant, lorsque l’on parle des smartphones, les chargé HSE (hygiène sécurité environnement) rappellent qu’ils ne doivent pas être utilisés pendant le travail. La réalité est que le digital prend de la place aujourd’hui. Il y a de plus en plus de tablettes numériques pour faire des opérations dans les ateliers. »
À lire également
Face à cette réalité, notre interlocuteur du fabricant Showa ne manque pas de rappeler qu’il est « préférable que les utilisateurs puissent garder leurs gants en manipulant les tablettes ou les smartphones, plutôt qu’ils les retirent le temps de la manipulation et qu’ils oublient de les remettre par la suite. »
Innovations et normes sur les risques chimiques
Comme pour les autres risques, les fabricants de gants protégeant contre les risques chimiques ont mis l’accent sur le confort et la dextérité.

Les gants de protection contre le risque chimique doivent respecter un ensemble conséquent de normes © Showa.
Une tendance qui nous a été confirmée chez Ansell, fabricant australien qui a récemment sorti un gant à usage unique permettant une résistance à l’acétone pendant quinze minutes :
« les évolutions récentes vont vers des EPI combinant plusieurs niveaux de protection sans compromis sur le confort et la dextérité, afin de répondre à des environnements de travail de plus en plus complexes (risques chimiques, mécaniques ou de projection). L’acceptabilité des équipements de protection individuelle (EPI) reste un enjeu central : à protection équivalente, le confort (souplesse, dextérité, finesse de préhension) est déterminant pour garantir le port effectif » nous a-t-on ainsi précisé du côté de la marque.
Si la dextérité est désormais un critère important, la priorité reste la protection des travailleurs © Ansell.

Cette recherche d’innovation ne se fait cependant pas au détriment de la protection contre les risques chimiques, dont les normes sont conséquentes en nombre et en exigences.
Principales normes pour les gants de protection contre les risques chimiques. Source : INRS.
| Norme | Gants |
|---|---|
| NF EN 388 + A1 | Gants de protection contre les risques mécaniques. |
| PR NF EN 2140 | Exigences générales et méthodes d’essais pour les gants de protection. |
| NF EN ISO 374-1 | Gants de protection contre les produits chimiques dangereux et les micro-organismes. Partie 1 : terminologie et exigences de performance pour les risques chimiques. |
| PR NF EN ISO 374-2 | Gants de protection contre les produits chimiques et les micro-organismes dangereux. Partie 2 : détermination de la résistance à la pénétration. |
| PR NF EN ISO 374-4 | Gants de protection contre les produits chimiques et les micro-organismes. Partie 4 : détermination de la résistance à la dégradation par des produits chimiques. |
| NF EN 16523-1 + A1 | Détermination de la résistance des matériaux à la perméation par des produits chimiques. Partie 1 : perméation par des produits chimiques liquides potentiellement dangereux dans des conditions de contact continu. |
| NF EN 16523-2 + A1 | Détermination de la résistance des matériaux à la perméation par des produits chimiques. Partie 2 : perméation par des produits chimiques gazeux potentiellement dangereux dans des conditions de contact continu. |
Diversification sur le risque électrique
« L’utilisateur peut se retrouver face à un risque additionnel : le risque d’électrisation, qui peut même s’accompagner d’un arc électrique dans les cas les plus extrêmes » nous précise d’emblée Frederik Jouravlenko, business unit manager chez le fabricant français Penta Electrical Safety Products, au moment d’évoquer le risque d’arc électrique.

Ainsi, en plus de la norme NF EN388+A1, les gants de protection contre le risque d’arc électrique doivent notamment répondre aux normes :
- NF EN 60903 « Travaux sous tension – Gants en matériau isolant » ;
- NF EN 61482-1-2 « Travaux sous tension – Vêtements de protection contre les dangers thermiques d’un arc électrique – Partie 1-2 : méthodes d’essai – Méthode 2 : détermination de la classe de protection contre l’arc de matériaux et de vêtements au moyen d’un arc dirigé et contraint (enceinte d’essai) ».
Concernant les nouveautés, Penta Electrical Safety Products précise avoir mis dernièrement sur le marché « un gant beaucoup plus fin, dont l’épaisseur est réduite de 30 % » tout en misant sur l’ergonomie « avec une nouvelle forme, un design, avec la notion de tactilité pour les écrans ».
Outre les nouveautés du côté des solutions, Penta Electrical Safety Products – dont les clients historiques sont issus du secteur de l’énergie – note par ailleurs une évolution sur le marché pour ces gants. La part grandissante du parc des véhicules électriques apporte ainsi des changements pour certains métiers.
C’est le cas dans le secteur de la réparation automobile, où les travailleurs ont désormais besoin d’équipements de protection individuelle adaptés qui prennent notamment en compte le risque électrique.
Le risque électrique concerne de plus en plus la réparation automobile. © Penta Electrical Safety Products

Des gants chauffants pour le travail dans le froid
Enfin, une nouvelle arrivée marquante a été constatée sur le marché des gants de protection destinés au travail dans le froid.
Marque française fondée en 2017, G-Heat propose ainsi des gants de protection chauffants, et répondant à la norme NF EN 388, pour équiper les travailleurs exposés au froid.
De quelle manière cet EPI fonctionne-t-il ? « Le gant chauffant est branché sur une petite batterie externe, avec trois niveaux de chauffe et une autonomie pouvant aller de deux heures à six heures » détaille Romane Benderradji, responsable communication et marque pour G-Heat.
Cette dernière insiste par ailleurs sur le fait que « le gant ne sert pas à surchauffer, mais à équilibrer et réguler la température corporelle. Le but n’est pas d’avoir un chauffage entre les mains ».
Article extrait du n° 614 de Face au Risque : « Risque NaTech : s’adapter au changement climatique » (juillet-août 2026).

Eitel Mabouong – Journaliste
Actualités
Le 28 septembre 1921, le célèbre grand magasin du Printemps, boulevard Haussmann à Paris, est la proie des flammes, quarante…
Euralarm a publié un nouveau document intitulé « Guideline on Disposal of Fire-Fighting Foam Media (UK & Europe) ».…
La Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) a mis à jour, en août…
Pour fêter ses soixante-dix ans d’existence, CNPP organisait le 7 juillet dernier une journée dédiée au grand public et aux…
Parce qu’ils sont de plus en plus connectés, les systèmes de sécurité et de sûreté sont eux aussi de…
Caméras, contrôle d'accès, interphonie… les systèmes de sécurité sont désormais des cibles pour les cyberattaques. Comment procéder pour sécuriser…
Inscrivez-vous
à notre
newsletter
Recevez toutes les actualités et informations sûreté, incendie et sécurité.

Rejoignez notre
chaîne WhatsApp







