Grand dossier Face au Risque
Risque NaTech : s’adapter au changement climatique
Résultant de l’impact combiné des catastrophes naturelles et des risques technologiques, le risque NaTech gagne en intensité en France et dans le monde sous l’effet du changement climatique. Feux de forêt, impacts de foudre, inondations…: les sites industriels doivent anticiper l’impact que pourraient avoir les aléas climatiques sur leurs installations.
Qu’est-ce que le risque NaTech ?
Le risque NaTech, contraction de « Naturel » et de « Technologique », résulte de l’interaction de deux risques majeurs. Selon l’Ineris, il désigne « l’impact qu’une catastrophe naturelle peut engendrer sur tout ou partie d’une installation industrielle – impact susceptible de provoquer un accident, et dont les conséquences peuvent porter atteinte, à l’extérieur de l’emprise du site industriel, aux personnes, aux biens ou à l’environnement ».
D’après le Barpi, le nombre d’événements « NaTech » en France a été multiplié par 3 depuis 2010.
Risque NaTech : que dit la réglementation ?
Plusieurs textes de la réglementation relative aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) prennent en compte les aléas naturels, et donc le risque NaTech. Mais d’après un rapport de l’Igedd de 2024, l’étude de dangers (EDD), obligatoire pour tous les sites industriels classés sous le régime de l’autorisation et qui repose sur une analyse de risques, présente des failles et des lacunes.
Dans sa conclusion, le rapport formule un certain nombre de recommandations visant à renforcer la prise en compte des aléas naturels susceptibles d’affecter un site industriel :
- les aléas naturels hors aléas exceptionnels « devraient être inclus dans la démarche réglementaire de maîtrise des risques, en tenant compte de leur probabilité et leurs effets » ;
- les aléas exceptionnels « seraient pris en compte, indépendamment de leur probabilité, dans le cadre de la prévention et de la gestion des situations de crise ».
Risque NaTech et changement climatique : une adaptation nécessaire
À la suite du constat de l’insuffisance de la prise en compte du risque NaTech dans les EDD compte tenu du changement climatique, on peut citer un autre rapport de l’Igedd qui recommande de généraliser les analyses de vulnérabilité climatique. Constituant une étape préalable incontournable à toute stratégie d’adaptation, de telles analyses de vulnérabilité devraient être conduites sur la base de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc) tant par les acteurs publics que privés.
Sur la base d’une approximation du scénario central du Giec conduisant à +3° de réchauffement mondial avec un simple maintien des politiques actuelles, elle fixe des seuils de réchauffement pour la France : + 2 °C en 2030, + 2,7 °C en 2050 et + 4 °C en 2100.
Le risque climatique dans la cartographie globale des risques
« En lien avec la politique de risk management, il faut commencer par établir une cartographie globale des risques de l’entreprise. Ensuite, il faut identifier les risques climatiques à l’intérieur de la cartographie globale, qu’il s’agisse de risques physiques ou de risques de transition. Cela va orienter la politique générale de l’entreprise. Lorsque les risques climatiques sont identifiés, c’est là que commence l’analyse de vulnérabilité aux risques climatiques, explique Guillaume Becker, responsable risque climatique à CNPP.
L’exercice consiste, au-delà de la simple démarche d’analyse de risque, à associer à l’analyse de vulnérabilité les projections climatiques, à 2050 ou 2100. Et c’est là que l’on transforme le plan de traitement issu de l’analyse de risque en un plan d’adaptation, qui va permettre d’adapter l’entreprise à l’horizon 2050. Enfin, au-delà de cette stratégie de prévention et de protection par rapport aux risques climatiques, il faut aussi s’inscrire dans une démarche de résilience complète : c’est-à-dire partir de l’analyse du risque pour aller jusqu’à la gestion de crise et la continuité d’activité. »
Cas concret : Siemens face aux aléas climatiques
Le site Siemens de Haguenau (Bas-Rhin), qui s’étend sur 34 000 m², a lui utilisé la méthode Ocara pour réaliser un diagnostic de résilience climatique. Une des actions a été de créer un bassin de rétention sur le site pour retenir les eaux quand il pleut fortement et ne pas saturer le réseau de ville, mais aussi pour pouvoir avoir une réserve d’eau sur le site en cas d’incendie. L’usine est entourée d’une forêt et le site a comme voisins d’autres usines et une zone d’activité avec de nombreux commerces et un grand centre commercial. Le risque de feu de forêt est donc un risque majeur.
Risque NaTech : consultez les ressources en ligne
Pour aller plus loin, découvrez notre sélection de documents, d’outils et de bases de données accessibles en ligne afin de mieux appréhender et prendre en compte le risque NaTech dans le cadre du changement climatique.

Gaëlle Carcaly – Journaliste
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