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Stress régulier au travail - Crédit : sitthiphong-AdobeStock

Stress régulier au travail

64 % des salariés français subissent un stress régulier au travail, un chiffre en augmentation de 9 points par rapport à la période pré-pandémique. C’est ce que révèle l’enquête «People at Work 2022 : l’étude Workforce View» d’ADP, spécialiste des solutions de Ressources Humaines.

Au travail, le quotidien des salariés a été complètement bouleversé avec la mise en place de nouvelles organisations (télétravail, travail hybride, full remote…), accompagnée d’une situation économique incertaine mettant également à rude épreuve leur santé mentale.

Dans ce contexte, le centre de recherches ADP Research Institute, spécialiste des solutions de Ressources Humaines, a réalisé une enquête entre le 1er et le 24 novembre 2021 auprès de plus de 32 924 actifs dans 17 pays, dont près de 2 000 en France, intitulée « People at Work 2022 : l’étude Workforce View ».

Les ressentis des travailleurs

Le stress au travail est ressenti au moins une fois par semaine par :

  • 74 % des jeunes de 18-24 ans (contre 62 % des 25 ans et plus) ;
  • 70 % des télétravailleurs (contre 58 % de leurs collègues sur site) ;
  • 68 % des femmes (contre 60 % des hommes).

Il est également ressenti par :

  • 78 % de ceux exerçant dans les médias et l’information,
  • 72 % dans les loisirs et l’hôtellerie,
  • 69 % dans l’informatique et les télécommunications.

À noter que 22 % des actifs éprouvent du stress tous les jours.

Les Français les plus affectés par le stress au quotidien sont ceux exerçant dans les loisirs et l’hôtellerie (27 %), l’éducation et la santé (26 %).

Le stress au travail est ressenti au moins une fois par semaine par 74% des jeunes

Les raisons du stress au travail

Le stress ressenti par les salariés est dû en majeure partie à des journées de travail jugées trop longues (24 %). Elles ne leur permettent probablement pas de bénéficier d’un équilibre satisfaisant entre leur vie privée et leur vie professionnelle.

Les salariés font face aussi à des responsabilités accrues depuis la crise sanitaire (22 %). Et tout particulièrement ceux travaillant dans la construction (33 %), l’éducation et la santé (30 %), et les loisirs et l’hôtellerie (29 %).

Enfin dans le contexte actuel d’instabilité, ils craignent pour la sécurité de leur emploi (20 %), notamment ceux exerçant dans les médias et l’information (34 %).

Un stress plus difficilement détectable en raison du télétravail

À la suite du déploiement de nouveaux modes de travail à distance, la moitié des salariés (50 %) estime que les managers sont moins susceptibles de repérer les membres de leur équipe qui font face à des problèmes de charge de travail, de stress ou de santé mentale, lorsque l’activité professionnelle est exercée à domicile plutôt qu’au bureau.

Stress au travail - Crédit : fizkes-AdobeStock

Une affirmation qui est particulièrement notable chez les télétravailleurs (54 %). Le travail à distance semble donc avoir rendu plus difficile la détection par les managers des « signaux faibles » au sein de leur équipe concernant la santé mentale, la gestion du stress ou la charge de travail.

 

Les salariés français peu soutenus par leurs managers concernant leur santé mentale

Les salariés pensent à 40 % que leur travail pâtit de niveaux de stress importants. Et ce sont ceux exerçant dans l’immobilier (60,5 %), les médias et l’information (60 %), les jeunes (48 % des 18-24 ans contre 36 % des 25 ans et plus), ainsi que les télétravailleurs (44 % contre 33 % de leurs collègues sur site) qui paraissent être les plus concernés.

Si les actifs estiment en majorité être soutenus par leurs collègues au sujet de leur santé mentale, ils sont moins de la moitié à considérer recevoir de l’aide de la part de leur manager dans ce domaine.

De plus, 33 % constatent que leur employeur ne prend aucune mesure pour favoriser leur bien-être mental. Un constat particulièrement visible chez les salariés des secteurs de l’industrie (42 %), de l’éducation et la santé (39 %), et des loisirs et hôtellerie (37 %).

42 % salariés de l’industrie constatent que leur employeur ne prend aucune mesure pour favoriser leur bien-être mental - Crédit : makedonski2015-AdobeStock

42 % salariés de l’industrie constatent que leur employeur ne prend aucune mesure pour favoriser leur bien-être mental. Crédit : makedonski2015-AdobeStock

Pourtant, conscients des risques que peuvent provoquer le stress sur leurs collaborateurs, certains employeurs s’efforcent de trouver des solutions pour apporter du soutien en termes de santé mentale à leur personnel. Les principales initiatives mises en place dans ce domaine sont :

  • une communication plus fréquente avec leurs salariés (26 %) ;
  • un droit à la déconnexion garanti après les heures de travail (18 %) ;
  • ainsi que l’accès à des conseils spécifiques pour mieux gérer leur stress et leur charge de travail (16 %).

Des solutions

Alors que les employeurs ont pris des mesures pour rassurer leurs salariés et assurer leur sécurité pour organiser le retour au bureau après la pandémie, ils doivent continuer à adapter leur politique RH face au niveau de stress préoccupants des collaborateurs, en particulier ceux travaillant à distance.

Des solutions au stress au travail-Credit :baranq-AdobeStock

Favoriser une communication ouverte et transparente en valorisant le rôle central des managers de proximité.
Crédit : Baranq-AdobeStock

Qu’il s’agisse de faire face à un stress trop important, une charge de travail inadaptée ou un problème plus global de santé mentale, favoriser une communication ouverte et transparente est primordial.

Pour y parvenir, il est essentiel de valoriser le rôle central des managers de proximité dans le maintien du lien, aussi bien sur site qu’à distance, et la détection des risques psychosociaux. Surtout, il faut accélérer leur formation pour les rendre plus efficaces.

Pour que chaque collaborateur puisse faire entendre sa voix, il faut également que toute l’organisation RH soit elle aussi à l’écoute. Il est important de la doter de bons outils pour lui permettre de dégager du temps en libérant les professionnels RH des tâches administratives chronophages. Cela leur permettra de se concentrer sur les équipes, accompagner les managers et mener des enquêtes ouvertes qui permettent de mesurer le ressenti des collaborateurs sur ces sujets et son évolution.

Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP en France et en Suisse

Carlos Fontelas de Carvalho
Président d’ADP en France et en Suisse

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