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Les entreprises doivent se préparer aux troubles civils - Crédit : Bastian Ott/AdobeStock

Les entreprises doivent se préparer à une augmentation des troubles civils

La hausse du coût de la vie due à l’inflation et les facteurs de déstabilisation liés à la perturbation des chaînes d’approvisionnement pourraient provoquer des troubles civils dans de nombreux pays du monde. Aussi, les entreprises doivent réévaluer et actualiser leurs plans de continuité de l’activité.

Face à la hausse du coût de la vie, qui fait suite à la pandémie de Covid, les entreprises doivent s’attendre à une augmentation des troubles civils, selon l’assureur Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS).

La confiance dans les sources traditionnelles d’information et les institutions étant ébranlée, le rôle des réseaux sociaux dans le déclenchement des troubles sociaux est de plus en plus important. Ces grèves, émeutes et manifestations violentes constituent des risques pour les entreprises. Elles peuvent causer des dommages matériels coûteux aux bâtiments et aux équipements. Mais aussi gravement perturber l’activité en empêchant l’accès aux locaux et engendrer ainsi des pertes d’exploitation.

Les troubles civils deviennent, pour un nombre croissant d’entreprises, un risque plus important que le terrorisme. Et il est peu probable que la situation s’apaise dans un avenir proche. Les conséquences de la pandémie, la hausse du coût de la vie et les mutations idéologiques continuent d’agiter les sociétés dans le monde entier. Les entreprises doivent donc être attentives aux signaux d’alerte et définir des moyens efficaces de protection et de désescalade. L’objectif est d’anticiper et d’éviter les risques de blessures au personnel et de dommages aux biens de l’entreprise et des personnes.

L’avertissement de l’ONU

Les Nations unies ont mis en garde contre les risques de déstabilisation liés à la perturbation des chaînes d’approvisionnement et à la flambée des prix de l’alimentation, des carburants et des engrais, la Russie et l’Ukraine représentant 30 % des exportations de blé dans le monde. « Tout ceci sème les germes de l’instabilité politique et de troubles dans le monde entier », a déclaré en mars dernier António Guterres, secrétaire général de l’ONU.

75 pays concernés

Pour sa part, la société de conseil Verisk Maplecroft estime qu’une augmentation des troubles civils est « inévitable dans les pays à revenu intermédiaire, qui ont pu offrir une protection sociale pendant la pandémie, mais qui pourront difficilement maintenir le même niveau de dépenses, face à la hausse du coût de la vie ».

Selon ses prévisions de l’indice des troubles civils, 75 pays pourraient connaître une augmentation des manifestations d’ici la fin 2022, dont les États-Unis, l’Argentine, le Brésil et l’Espagne. Ce phénomène pourrait entraîner notamment des manifestations plus fréquentes et des dommages plus nombreux aux infrastructures et aux bâtiments.

Le coût des protestations

Enfin, les dirigeants d’entreprise doivent avoir mis en place des garde-fous. Car si la fonction est là pour protéger l’entreprise, ses actifs et ses collaborateurs, elle peut aussi, être dysfonctionnelle. Un bon directeur sécurité et sûreté doit savoir mettre en place les propres mécanismes de son autorégulation. Charité bien ordonnée, commence par soi-même…