Le « casse du siècle » à l’Hôtel des Postes de Strasbourg, il y a 50 ans

30 juin 20212 min

Le 30 juin 1971, en à peine 5 minutes, près de 12 millions de francs sont subtilisés à l’Hôtel des Postes de Strasbourg.

Ceci est une légende Alt

Il est 9 h le 30 juin 1971. Un fourgon provenant de la Banque de France de Strasbourg arrive, depuis la rue Wencker, dans la cour intérieure de l’Hôtel des Postes sous escorte policière. Il contient 11,68 millions de francs (environ 12 M€ actuels) répartis en huit sacs.

Quatre employés de la poste déchargent les sacs en présence des policiers. Puis ils les emportent vers la chambre forte de l’Hôtel des Postes. Dès qu’ils sont dans les locaux avec le chargement, ils verrouillent derrière eux la porte, laissant les policiers repartir. Mais dans les couloirs, cinq hommes armés surgissent. Ils menacent et frappent les postiers et subtilisent les huit sacs. Ils sortent par une porte – en principe condamnée – donnant avenue de la Marseillaise, derrière laquelle une fourgonnette les attend.

Une préparation minutieuse

Le casse s’est déroulé en à peine 5 minutes et sans coup de feu. Mais il ne fait pas de doute qu’il a nécessité une longue préparation et de multiples repérages.

Une semaine avant, deux faux serruriers, soi-disant envoyés par l’administration, viennent à l’Hôtel des Postes changer la serrure de la porte qui servira d’issue au moment du braquage. Et le jour J, c’est en électriciens que les malfaiteurs se déguisent, prétendant devoir effectuer des réparations. Un peu avant 9 h, ils rejoignent le couloir menant à la chambre forte et y attendent l’arrivée des postiers…

L’enquête piétine

La fourgonnette a rapidement été retrouvée par la police mais n’a rien dévoilé qui pouvait faire avancer l’enquête.

Le mode opératoire du hold-up ressemble à celui utilisé par le Gang des Lyonnais, très actif depuis quelque temps. Cependant, malgré de multiples auditions de témoins et la diffusion de portraits robots, l’affaire n’a jamais été élucidée, faute de preuves.

L’arrestation du Gang des Lyonnais

Le 19 décembre 1974, la police arrête le Gang des Lyonnais. En juin 1977, treize personnes du Gang comparaissent devant la cour d’assises de Lyon pour huit braquages exécutés entre février 1972 et décembre 1974. Mais pas pour celui de Strasbourg.  Elles seront condamnées à des peines de cinq à quinze ans de prison.

Ce n’est qu’en 2011 que le doute sur l’attribution du braquage de l’Hôtel des Postes au Gang des Lyonnais est levé. En effet, Edmond Vidal, l’un des membres influent du groupe, qui a été condamné à 10 ans de prison, le revendique dans son livre Pour une poignée de cerises : itinéraire d’un voyou pas comme les autres.

Ce braquage sera le plus marquant du fameux Gang des Lyonnais.


Extrait de l’article du n° 573 de Face au Risque : « ERP et Covid-19, l’impact sur la sécurité – sûreté » (juin 2021).

Martine Porez – Journaliste

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