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Bousculade - Pèlerinage - La Mecque - Crédit photo : Pèlerinage 2007-Rendy Maulana-Flickr-Cc

(Vidéo) Il y a 5 ans : Bousculade
au pèlerinage de La Mecque

Le 24 septembre 2015, pendant le pèlerinage de La Mecque, une importante bousculade s’est produite, faisant des milliers de victimes.

Mouvement de foule

24 septembre 2015, c’est le Hadj, le pèlerinage de La Mecque. Pour le rituel de la lapidation des stèles de Satan, l’un des rites du pèlerinage, des milliers de musulmans se rendent à pied sur le site de Jamarat près de Mina (Arabie Saoudite).

Deux flux se croisent dans une rue de 12 mètres de large. L’un quitte Jamarat, l’autre y arrive. La foule est très dense. Une turbulence se crée et c’est la bousculade.

« Ces turbulences ont une telle force que les gens sont projetés sur plusieurs dizaines de mètres sans contrôler leur capacité à se déplacer. Dès lors, il suffit que quelqu’un soit déséquilibré, qu’il tombe, pour qu’un enchaînement dramatique se déclenche », expliquait après le drame Guy Theraulaz, directeur de recherches au CNRS, au quotidien Le Monde.

Secours, policiers et ambulances sont dépêchés en grand nombre par les autorités saoudiennes. Ils prennent en charge les victimes et dirigent les flots de pèlerins.

Un premier bilan provisoire annonce 717 morts et 863 blessés.

Les responsabilités

Les autorités saoudiennes rejettent la faute sur les pèlerins. Elles leur reprochent un manque de discipline. « La fatigue des pèlerins et la chaleur peuvent être des facteurs explicatifs », affirme également le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Pour l’Iran, en conflit avec l’Arabie Saoudite, c’est le royaume saoudien qui est responsable du drame.

Le bilan définitif ne sera jamais connu. Il pourrait être près de trois fois supérieur au bilan officiel de 769 morts annoncé par les autorités deux jours après la catastrophe. Sur la base des recensements donnés par les pays concernés, le décompte de l’AFP fait état de 2 236 morts. C’est l’Iran qui paye le plus lourd tribut avec 464 morts.

Les précédents

De nombreuses bousculades meurtrières ont eu lieu pendant le pèlerinage de La Mecque. Parmi les plus funestes, celle du 2 juillet 1990 où un mouvement de panique provoque la mort de 1 426 pèlerins. En mai 1994, 270 personnes trouvent la mort pendant le rituel de la lapidation. Et en janvier 2006, ce sont 360 personnes qui meurent là encore à l’entrée de Jamarat.

De nouvelles mesures de sécurité

Pour le pèlerinage de 2016, les autorités saoudiennes, très critiquées, adoptent des mesures de sécurité pour accueillir, dans de meilleures conditions, les 2 millions de musulmans se rendant à La Mecque. Parmi celles-ci on trouve :

  • un bracelet électronique doté d’un GPS et contenant des informations personnelles et médicales pour chaque pèlerin ;
  • 800 caméras de surveillance installées autour de la grande mosquée ;
  • 100 000 agents de sécurité mobilisés, dont 17 000 en intervention rapide avec 3 000 véhicules ;
  • 260 000 cadres médicaux et paramédicaux et plus de 175 ambulances ;
  • la réduction des horaires de la lapidation des stèles de Satan afin de mieux maîtriser les flux ;
  • la distribution de 18 millions de mètres cubes d’eau pour éviter la déshydratation.

Crise sanitaire 2020

En 2020, le pèlerinage avait lieu du 29 juillet au 2 août. En raison de la crise sanitaire due au Covid-19, des mesures strictes ont été prises par les autorités saoudiennes. Seulement 10 000 fidèles ont été admis (contre près de 2,5 millions en 2019). Et seules les personnes se trouvant à l’intérieur du royaume saoudien, quelle que soit leur nationalité, ont pu effectuer le Hadj. Les fidèles de plus de 65 ans et ceux atteints de maladies chroniques n’ont pas été autorisés à se rendre dans la ville sainte. Les pèlerins ont été testés avant leur arrivée.

Au 20 septembre 2020, l’Arabie Saoudite est, après l’Irak, l’État arabe du Golfe le plus touché par le coronavirus (4 485 morts).

Martine Porez
Journaliste

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