Des drones perturbent les aéroports
Fin décembre 2018, des drones présents dans l’espace aérien de l’aéroport de Gatwick ont perturbé des avions et impacté 120 000 passagers en conduisant à la fermeture de l’aéroport pendant 3 jours. Mardi soir, 8 janvier 2019, rebelote. Cette fois-ci, c’est le plus grand aéroport du pays, Heathrow et le plus fréquenté d’Europe qui est touché !

L’affaire rappelle les survols sauvages qui avaient eu lieu en France en 2014. Des centrales nucléaires d’abord puis en début 2014, des lieux symboliques comme le Palais de l’Élysée. À chaque fois, malgré les recherches, les pilotes n’avaient pas pu être identifiés.
Des précédents
Le contexte géopolitique n’était sans doute pas étranger à ce déploiement invisible et menaçant. Depuis cette date, plusieurs cas, plus emblématiques ont été répertoriés au point que des industriels ont organisé une riposte.
L’explosion du marché du drone grand public s’est accompagné de plusieurs dérapages.
Les constructeurs du côté de la loi
À tel point que les fabricants poussent les utilisateurs au respect strict de la réglementation. Quitte à dénoncer leurs clients et prêter main-forte aux forces de police. Ainsi le 20 décembre dernier, au moment où l’aéroport de Gatwick est fermé, le constructeur DJI, l’un des premiers mondiaux, propose son aide aux autorités via un outil d’identification des drones.
Mais pour lutter efficacement contre les drones, l’équation n’est pas facile. il ne s’agit pas seulement de le repérer, de l’identifier, il faut pouvoir le neutraliser.
Et à chaque étape de ce processus, de nombreuses difficultés se posent : comment repérer un objet de petite taille, composé majoritairement de plastique et évoluant à une vitesse rapide ?
En décembre dernier, nous avons publié un article détaillé sur le sujet.
En effet, il existe principalement trois catégories de systèmes : les systèmes de détection, d’identification et de neutralisation.
Dans cette dernière catégorie, la neutralisation, trois systèmes principalement cohabitent : brouilleurs d’onde, lasers et intercepteurs.
Des parades existent
Plusieurs techniques ont pu être testées, sans qu’aucune ne se révèle tout à fait adaptée au contexte. Ainsi les militaires avaient un temps envisagé d’abattre les drones de Gatwick avant de se raviser. Le risque de balles perdues était considéré comme trop important.
Le 4 janvier, The Times révélait que les deux aéroports allaient acquérir un matériel de défense de type militaire pour faire face à cette menace d’un nouveau genre. Une annonce qui a peut-être conduit les pilotes de drones à tester les défenses de l’aéroport d’Heathrow, avant qu’elle ne se renforcent.
L’armée au secours
À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’aéroport est de nouveau ouvert et l’armée a été déployée à la demande de la police londonienne, a fait savoir Gavin Williamson, le ministre de la Défense sur Twitter.
Secretary of State @GavinWilliamson's statement on providing military support to Heathrow this morning. pic.twitter.com/4qbWisUVWc
— Ministry of Defence 🇬🇧 (@DefenceHQ) January 9, 2019
Mise à jour du 11 janvier 2019
Dans un communiqué (en anglais), l’entreprise DJI exhorte les autorités à prendre avec prudence les signalements de drones de ces derniers jours. L’entreprise chinoise rappelle que par le passé, en 2016, 2017 et 2018, plusieurs “signalements” de drones s’étaient révélés fantaisistes.
Le cas le plus emblématique est sans doute cet Airbus A320 qui avait heurté un drone et qui fut finalement, de l’aveu du ministre des transports britannique, “sans doute un sac plastique”.
Ou encore ce petit avion de tourisme australien qui s’était plein d’avoir heurté un drone, qui s’était révélé après analyse ADN être une chauve-souris (flying-fox).
Même “déconvenue” en Nouvelle-Zélande en avril 2018, quand le drone n’était en fait qu’un ballon de baudruche.
Finalement, le plus inquiétant fût sans doute l’impact présumé d’un drone avec un Boeing 737-700 au Mozambique le 5 janvier 2017 et qui endommagea très sérieusement la tête de l’appareil à l’atterrissage.
Les passagers entendirent un gros “bang”. L’enquête conclut 5 jours plus tard à un problème structural (et une soudaine différence de pression) lié à de récentes opérations de maintenance.
Des cas intéressants mais qui n’expliquent pas les survols des aéroports londoniens.

David Kapp – Journaliste
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