Contamination par les Pfas : l’Anses prône une surveillance élargie
L’Anses a publié le 22 octobre 2025 un rapport de 258 pages sur la contamination par les Pfas. Quels sont les constats et les solutions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ?

Au sujet de la contamination par les Pfas, l’Anses rappelle à travers un article de présentation de son rapport – publié sur son site internet le 22 octobre 2025 – que très peu de ces substances sont actuellement surveillées.
Seules quatre d’entre elles, parmi des milliers, sont réglementées et surveillées “dans certains aliments (comme les œufs, les produits carnés ou les produits de la pêche)”.
Dans le cadre de la directive (UE) 2020/2184 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020, relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, une vingtaine d’autres substances s’ajouteront à ce listing au 1er janvier 2026.
À lire également
Notre article “Les Pfas en quelques dates clés” extrait de notre grand dossier “Pfas dans les rejets aqueux”.
L’état des lieux de l’Anses sur la contamination par les Pfas
Dans le cadre d’un travail réalisé pendant douze mois sur la contamination par les Pfas en France, l’Anses a compilé “près de deux millions de données relatives à 142 Pfas”.
Ces mesures ont été réalisées sur :
- des eaux destinées à la consommation humaine ;
- des eaux environnementales ;
- des sédiments ;
- des biotes (ensembles des organismes vivants présents dans un écosystème spécifique) ;
- des aliments ;
- de l’air ;
- des poussières intérieures et extérieures ;
- des sols ;
- des matrices biologiques humaines (sang, urine, lait maternel, etc.) ;
- et des produits de consommation (cosmétiques, textiles, etc.).
À la suite de ces travaux, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a pu constater que :
- “concernant les données de biosurveillance, les niveaux moyens de Pfas mesurés dans le sang de la population française sont inférieurs aux rares seuils existants (Pfos, Pfoa), et sont comparables aux niveaux mesurés en Europe ;
- concernant les expositions professionnelles, aucune donnée française n’a été identifiée”.
Contamination par les Pfas : l’Anses propose trois stratégies de surveillance
L’Anses a par ailleurs développé une méthode de catégorisation des Pfas afin de “proposer une extension de la surveillance adaptée à la situation”.
L’Agence précise que “cette méthode repose sur le croisement des niveaux d’informations disponibles sur :
- la présence de la substance dans les différents compartiments ;
- la toxicité de la substance : existence de valeurs toxicologiques, de classification en tant que cancérigène, mutagène, reprotoxique, perturbateur endocrinien (PE), et de données d’écotoxicité”.
En conséquence, trois stratégies de surveillance sont proposées par l’Anses :
- “une surveillance pérenne : pour les substances les plus préoccupantes et récurrentes dans le cadre des plans de surveillance nationaux ;
- une surveillance exploratoire, réalisée ponctuellement : pour les substances pas ou insuffisamment recherchées aujourd’hui ;
- une surveillance localisée : pour des substances correspondant à des sources de contaminations locales avérées ou suspectées, que les contaminations soient anciennes ou actuelles”.
À lire également
Notre article “Pfas : de quoi parle-t-on ?” extrait de notre grand dossier “Pfas dans les rejets aqueux”.
Ces stratégies de surveillance sont déclinées pour les compartiments suivants :
- les eaux destinées à la consommation humaine ;
- les eaux environnementales ;
- les sédiments ;
- les biotes (ensembles des organismes vivants présents dans un écosystème spécifique) ;
- les aliments ;
- l’air ;
- les poussières intérieures et extérieures ;
- les sols ;
- les matrices biologiques humaines (sang, urine, lait maternel, etc.).
Appelant à mettre en place un dispositif national, l’Anses précise qu’il s’agit d’une méthode évolutive visant à être mise à jour de manière régulière.
En savoir plus
Consultez le document de l’Anses “Composés per- et poly- fluoroalkylés (Pfas) dans différents compartiments : bilan de la contamination et catégorisation en vue de leur surveillance. Partie 2 : catégorisation des Pfas dans différents compartiments et recommandations en vue de leur surveillance” (octobre 2025).

Eitel Mabouong – Journaliste
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