L’incendie du tunnel en chantier de l’A86, il y a… 20 ans

1 mars 20225 min

Le 5 mars 2002, un incendie se produit sur le chantier du tunnel de l’A86, obligeant les ouvriers à se confiner dans un sas étanche situé au fond de l’ouvrage et à y attendre, pendant plusieurs heures, les secours.

Ceci est une légende Alt

En cette soirée du 5 mars 2002, seule l’équipe de nuit, composée de 19 personnes, est présente dans le tunnel en construction de l’A86. Celui-ci reliera Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) à l’A13. Un tunnelier long de 200 m est à l’œuvre. Il creuse le sol à la vitesse de 20 m par jour et habille la voûte de voussoirs en béton armé. Il se situe alors à 1 400 m de l’entrée.

L’incendie se déclare

Il est aux alentours de 22 h 30 lorsque le train qui approvisionne le tunnelier de voussoirs prend feu. Il s’arrête mais déjà des flammes s’élèvent. « Le dispositif d’extinction fixe à poudre, constitué de deux extincteurs de 9 kg relié à quatre buses encadrant le moteur (…) ne parvient pas à juguler le feu », écrivait René Dosne dans Face au Risque (n° 384, juin-juillet 2002). Les ouvriers tentent alors de l’éteindre à l’aide des nombreux extincteurs présents. Mais l’incendie est déjà trop puissant et les fumées toxiques emplissent l’ouvrage.

Équipés de masques auto-sauveteurs, ils se précipitent tous vers le fond du tunnel, à environ 600 m de là, pour se réfugier dans l’un des deux sas étanches et autonomes. Ils ferment la lourde porte et attendent les secours. Ils sont dans le noir et sans possibilité de contacter l’extérieur, le feu ayant endommagé les circuits électriques.

Il est aux alentours de 22 h 30 lorsque le train qui approvisionne le tunnelier de voussoirs prend feu. Il s’arrête mais déjà des flammes s’élèvent. « Le dispositif d’extinction fixe à poudre, constitué de deux extincteurs de 9 kg relié à quatre buses encadrant le moteur (…) ne parvient pas à juguler le feu », écrivait René Dosne dans Face au Risque (n° 384, juin-juillet 2002). Les ouvriers tentent alors de l’éteindre à l’aide des nombreux extincteurs présents. Mais l’incendie est déjà trop puissant et les fumées toxiques emplissent l’ouvrage.

Équipés de masques auto-sauveteurs, ils se précipitent tous vers le fond du tunnel, à environ 600 m de là, pour se réfugier dans l’un des deux sas étanches et autonomes. Ils ferment la lourde porte et attendent les secours. Ils sont dans le noir et sans possibilité de contacter l’extérieur, le feu ayant endommagé les circuits électriques.

Maquette du sas de sécurité situé à l’avant du tunnelier dans lequel se sont réfugiés les ouvriers - Crédit : Capture vidéo France2

Maquette du sas de sécurité situé à l’avant du tunnelier dans lequel se sont réfugiés les ouvriers.
Crédit : Capture vidéo France2

L’intervention difficile des sapeurs-pompiers

Alertés à 22h48, les sapeurs-pompiers arrivent sur les lieux avec des équipes du Groupement de recherche et d’exploration profonde (Grep). Le tunnel est complètement enfumé. Les câbles électriques étant détruits, la ventilation ne fonctionne plus. Les pompiers font venir trois ventilateurs grand débit.

Les véhicules ne peuvent s’avancer au-delà de 1 300 m. C’est donc à pied que, vers 1h du matin, les pompiers parviennent enfin au siège de l’incendie. Et ce n’est qu’à 3h35 que le contact est établi avec les ouvriers confinés dans le sas.

Peu après, le feu est éteint. Et à 4h45, l’évacuation des 19 compagnons commence. Ils sont chacun équipés d’un appareil respiratoire isolant (ARI) que leur apportent les soldats du feu et guidés par eux jusqu’au point de regroupement des victimes. Puis ils sont dirigés vers les hôpitaux. L’opération évacuation s’achève peu après 6 h.

Au total, 54 personnes ont été intoxiquées pendant ce sinistre, dont deux pompiers sérieusement. Côté tunnel, 150 m de voute en béton sont détruits ainsi qu’un train de transport et divers équipements.

Respect des consignes de sécurité

Le coordinateur sécurité du chantier s’est félicité du strict respect des consignes de sécurité par les compagnons. Ceux-ci avaient reçu un entrainement à l’évacuation et à l’emploi des masques auto-sauveteurs. En outre, sept d’entre eux étaient équipiers de première intervention. Au moment de l’incendie, ils ont eu le courage d’aller vers le fond du tunnel.

Une fois à l’abri dans le sas, les seuls impératifs étaient « de garder une bonne qualité d’air et d’entretenir le moral », expliquait l’un d’eux à France2 après leur sauvetage. Ils savaient que les secours allaient arriver, « c’était une question de temps ». Ils sont restés bloqués près de 6 heures.

En collaboration avec la BSPP et le Sdis78, un plan de secours avait été élaboré et des exercices étaient régulièrement effectués dans le tunnel. Cette connaissance des lieux par les pompiers et leur coordination avec les responsables du tunnel, ainsi que le comportement exemplaire des ouvriers ont permis de limiter les dommages.

La poursuite des travaux

Entrée du tunnel de l'A86 côté Rueil-Malmaison-Crédit : Akiry-Wikimedia Commons

Tunnel de l’A86 achevé. Entrée côté Rueil-Malmaison.
Crédit : Akiry-Wikimedia Commons

Le percement du tunnel reprend quelques semaines après l’incendie. En octobre 2003, le premier tronçon est achevé. Il n’est ouvert à la circulation qu’à l’été 2009, du retard ayant été pris dans l’installation des moyens de sécurité (notamment incendie).

Les travaux du second tronçon de 5,5 km, qui relie l’autoroute A13 à Vélizy, ne débutent qu’en juin 2005, après une révision complète des mesures de sécurité. Parmi celles-ci, le nombre de refuges est doublé et le désenfumage renforcé.

Avec ce second tronçon mis en service le 9 janvier 2011, la totalité des 10 km de l’ouvrage est exploitée.


Article extrait du n° 580 de Face au Risque : « Troubles psychosociaux : l’explosion » (mars 2022).

Martine Porez – Journaliste

Les plus lus…

Inscrivez-vous
à notre
newsletter

Recevez toutes les actualités et informations sûreté, incendie et sécurité toutes les semaines.