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Jeux Olympiques- Sécurité - Sûreté - Crédit photo Nicolas Michaud-Flickr-Cc

Pourquoi prévenir les risques sécuritaires lors des Jeux Olympiques 2024 doit être une priorité dès aujourd’hui ?

En 2024, l’Île-de-France va voir sa population doubler durant plusieurs semaines. 12 millions de spectateurs sont attendus, soit presque autant que les 12,2 millions d’habitants qui la peuplent en 2019. La région doit relever de sérieux défis d’ici cinq ans, tant logistiques qu’organisationnels pour assurer le bon déroulement des Jeux Olympiques.
Notamment en termes de sécurité.

Avec l’organisation des Jeux Olympiques en 2024, la région Île-de-France doit relever des défis de taille en matière de sécurité. Un sujet prépondérant, qui soulève des problématiques d’effectifs, de budget, de juridiction et d’équipement. Ce qui représente près de 30 % du budget total des JO 2024. La responsabilité des différentes parties prenantes, collectivités locales, État, agents de sécurité privée… reste, à cinq ans des JO, une interrogation.

Les problématiques spécifiques aux sites olympiques

12 millions de spectateurs à protéger

Les Jeux Olympiques vont rassembler quelque 12 millions de visiteurs, sur une centaine de sites actifs en permanence, pendant deux semaines. Si les commerçants et les professionnels de l’hôtellerie y voient une opportunité indéniable, cet événement est un défi pour les forces de l’ordre et les entreprises de sécurité privée. Garantir la sécurité d’une telle foule requiert une organisation réglée comme une horloge, de très nombreux agents sur le terrain et un budget important. Au total, 120 000 professionnels de la sécurité – publique comme privée – seront mobilisés. Policiers, gendarmes, militaires et agents de sécurité privée, tous vont unir leurs forces pour encadrer les Jeux et éviter les dérapages.

Les évolutions technologiques

Cependant, la technologie évolue extrêmement vite, ainsi que les menaces qui en découlent. Il est possible qu’en 2024, certains outils de protection ou de dissuasion encore inconnus aient vu le jour. Pour y faire face, à quel équipement les forces de l’ordre pourront avoir recours ? La question de l’usage de la reconnaissance faciale se pose également. Tant du point de vue sécuritaire que pour les avantages de fluidification de la circulation, et même pour simplifier les achats des spectateurs sur les différents sites.

Reconnaissance faciale-Sûreté-crédit ekkasit919-Fotolia.com

Malgré ces bénéfices, le sujet ne fait pas l’unanimité et soulève des questions éthiques. Les données personnelles seront-elles détruites suite à l’événement ? La police pourra-t-elle utiliser des outils basés sur la reconnaissance faciale pour identifier des individus à risque ? Comment utiliser les images issues des caméras-piétons ou des caméras fixes ?

Il est difficile d’imaginer les outils qui seront mis à disposition des forces de l’ordre et des agents de sécurité. D’autant plus que la législation française a également beaucoup à apporter. En effet, les forces de sécurité privée sont encore trop démunies en termes de matériel. Il est nécessaire, pour veiller au bon déroulement des JO 2024, de revoir cette législation. Face aux risques potentiels, que peut faire un homme à main nue ?

Des pistes à explorer

Cette question se pose sur les sites olympiques mais aussi dans les rues qui peuvent être très fréquentées ou encore dans les transports. Aujourd’hui, certains acteurs ont doté les contrôleurs de caméras-piétons. Ils constatent d’ores et déjà une diminution du nombre d’agressions. Certaines municipalités ont équipé leur police d’armes non létales. Très peu utilisées en mode tir, celles-ci ont, en pratique, un effet dissuasif suffisant, ce qui permet de pacifier des situations sans avoir recours à la force. D’ici 2024, l’usage de la vidéosurveillance, sa capacité à repérer des altercations ou encore la généralisation des armes non-létales, qui existent déjà mais dont le potentiel n’est pas encore exploité au maximum, sont des pistes qui méritent d’être explorées.

Technologiquement, ces caméras-piétons sont performantes, et elles donnent de bons résultats de dissuasion lors des échanges entre les forces de l’ordre et les individus interpellés. Mais pour une efficacité optimale, certaines améliorations sont encore en attente. La retransmission des images en direct est une piste de perfectionnement à suivre. Elle permet une meilleure coordination au niveau du poste central. Les renforts peuvent s’organiser plus rapidement, protégeant ainsi leurs collègues et les personnes présentes. Ceci permet de se rendre compte du déroulé réel des actions, de la réaction des opposants comme des porteurs des caméras-piétons.

Même si la diffusion en live streaming n’est pas encore d’actualité, les caméras-piétons et les pistolets à impulsion électrique sont des outils déjà disponibles pour les forces de l’ordre. La question est de savoir quelles catégories de professionnels seront autorisées à en porter et en utiliser. On pourrait envisager, par exemple, que des agents de sécurité privée ou des urgentistes amenés à intervenir sur les sites olympiques disposent d’autorisations spéciales, pour accroître leur propre sécurité lors des interventions.

Un village olympique de 51 ha

17 000 athlètes participeront aux Jeux. C’est très peu en comparaison du nombre de spectateurs. Il s’agit cependant de l’un des plus grands rassemblements d’athlètes de haut niveau en France. Et ces participants devront être en sécurité durant toute la durée de la compétition.

Ainsi, les organisateurs ont choisi de monter le village olympique sur 51 hectares, à cheval entre Saint-Denis, l’Île Saint-Denis et Saint-Ouen.

Jeux Olympiques- Sécurité - Sûreté - Crédit photo Citizen59-Flickr-Cc

Le plus gros avantage de cette localisation ? Sa proximité des sites de compétition. 80% des athlètes seront hébergés à moins de 30 minutes de leur site de compétition ! Une situation idéale pour un entraînement optimal, et une belle compétition.

Les organisateurs ont également prévu un site d’entraînement pour les athlètes, pour certains à moins de 20 minutes de leur hébergement. Et 60% des compétiteurs pourront s’exercer au sein-même du village olympique ! Cette réduction maximale des trajets est une bonne manière de favoriser la sécurité des athlètes. En effet, la coordination nécessaire entre les différents corps de sécurité (intérieure, extérieure…) est toujours plus simple à gérer quand les équipes sont à proximité les unes des autres. Cela permet également de bien connaître le terrain. Cependant, il reste toujours le risque que des fans ou des individus mal intentionnés y pénètrent. Dans ce cas, sur quel armement les forces de sécurité pourront-elles s‘appuyer ?

Des personnalités publiques à protéger

Une manifestation internationale de cette ampleur attire également de nombreux responsables politiques. Leur sécurité est en grande partie orchestrée en privé. Mais les organisateurs des JO doivent être à même de leur proposer des places, itinéraires et autres dispositifs sécurisés lors de leur apparition en public. D’autant plus que les conflits internationaux existants peuvent représenter d’importantes menaces sur les hommes politiques.

Des dispositifs spécifiques pour les transports ?

Conscients des problématiques qui se posent, l’Agence nationale de la recherche et le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale ont lancé un appel à projets. Les résultats devaient être publiés début juillet.

L’appel à projet concerne les cinq domaines suivants :

  • alerte et information aux populations ;
  • remontée d’alerte par la population ;
  • gestion des mouvements de foules ;
  • gestion et contrôle des itinéraires (dont voies olympiques) ;
  • contrôle et surveillance des zones réservées.

En cherchant des réponses innovantes à ces situations pourtant courantes, le comité d’organisation des JO prévoit une sécurité optimale pour la population. La remontée d’alerte par la population, par exemple, est un dispositif encore peu utilisé, mais qui peut être extrêmement performant.

Le chantier des transports en commun

Grand Paris-Transport-JO2024-Crédit photo Chabe01-Wikimadia commons

Dans le viseur des organisateurs des JO : les transports en commun. C’est en partie ce qui avait motivé le lancement du projet du Grand Paris : fluidifier le trafic sans bonder les lignes intra-muros. D’autant plus que les lignes situées derrière le périphérique n’ont pas été revues depuis trente ans.

La rénovation et le prolongement de lignes, comme la création du CDG Express devraient ainsi aider les foules à naviguer sur les lignes parisiennes et franciliennes.

Cependant, les promesses formulées en 2017 par Patricia Pelloux, directrice des études à l’Atelier parisien d’urbanisme, sont aujourd’hui remises en cause. En effet, seulement quelques-uns de ces projets verront le jour : les ouvertures de la ligne 14, celles de la ligne 16 et du début de la ligne 17. Un progrès léger comparé aux attentes…

De plus, le personnel rattaché à la RATP Sûreté (ou GPSR) est composé de près de 1 000 agents. Ils sont aidés de caméras de vidéosurveillance : 20 000 caméras-embarquées dans les bus et tramways, et 10 000 caméras dans les espaces RER et métro, consultables en temps réel. Et ils sont actuellement en phase d’expérimentation avec les caméras-piétons. Ils peuvent compter sur cet important dispositif pour gérer les 4,1 millions de passagers qui transitent par le métro parisien quotidiennement.

En revanche, quid des 12 millions de spectateurs attendus sur deux semaines ? La SNCF et la RATP ne se sont pas encore exprimées sur leur accueil. Ni sur le développement de la sécurité de leurs réseaux et de ceux qui les empruntent.

La sécurité des axes routiers

Le 20 mars 2019 a été publiée l’ordonnance n° 2019-207. Relative aux voies réservées et à la police de la circulation pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, elle explique en détails les décisions déjà prises pour assurer la sécurité des axes routiers lors des Jeux. Certaines voies, partiellement ou dans leur totalité, pourront être réservées aux véhicules du personnel accrédité par le comité d’organisation des JO. Ainsi qu’aux véhicules de secours et de sécurité.

Ces réservations seront permanentes ou ponctuelles, en fonction des besoins du comité d’organisation, du 1er juillet au 15 septembre 2024. Ces dates permettent aux organisateurs de se préparer en amont et de couvrir la période des Jeux Olympiques et Paralympiques qui auront lieu plus tard en août 2024.

La plus grande partie de ces voies sont situées au sein des départements accueillant la compétition. Mais elles peuvent également passer par des départements limitrophes. Ainsi, la circulation routière est travaillée pour être fluide. D’autant plus que la totalité des sites de compétition devrait être accessible en transports en commun, et à moins de 45 minutes de Paris. Le but étant de réduire l’usage de véhicules personnels pour se rendre sur les sites de compétition pour un bilan écologique positif.

L’équipement et la formation, pierres angulaires de la sécurité

Capitaliser sur les équipements autorisés

Videosurveillance-sûreté-crédit photo : alswart-Fotolia.comL

En plus des équipements classiques que les forces de l’ordre déploient à chaque manifestation, un accent particulier sera mis sur la vidéoprotection. En effet, grâce à la récente évolution des capacités technologiques des caméras, elles sont capables aujourd’hui d’identifier un événement ou une menace particulière.