Véhicules électriques et risque incendie

18 octobre 201812 min

Les technologies employées pour motoriser les véhicules se diversifient et engendrent de nouveaux risques. Des risques qui, grâce à un travail en partenariat, semblent bien maîtrisés.

Modification du climat, prix fluctuant du pétrole, effet de la taxe carbone et de la réglementation et enfin aspect image, l’essor des véhicules électriques n’en est qu’à son début. Boostée par l’apparition de la technologie lithium-ion qui a multiplié par quatre la performance des batteries par rapport au plomb, l’utilisation de batteries a également changé la nature du risque en cas d’incendie. Et soulevé de nombreuses questions de sécurité.

« La prise de conscience d’une vraie problématique de sécurité est apparue vers les années 2006, 2007, quand les principaux constructeurs d’ordinateurs portables et de batteries ont dû rappeler des produits à cause des batteries. »

Guy Marlair, référent technique au sein de la direction des risques accidentels de l’Ineris et responsable d’axe de recherche dans le domaine de la sécurité des procédés et des systèmes.

Aujourd’hui encore, les explosions de batteries de téléphone portable ou les incendies de voitures électriques font immédiatement parler d’eux. Pourtant, en proportion, ces incidents restent très rares. La sécurité est en effet devenue une préoccupation majeure et a pu être améliorée (et continue de l’être) grâce à un travail en partenariat entre laboratoires d’essais, constructeurs automobiles et sapeurs-pompiers.

Essais

À la fin des années 2000, l’Ineris a été sollicité pour établir un rapport sur les risques de la filière. « L’objectif était d’analyser les risques dans les usages. 50 scénarios de la conception au recyclage ont été étudiés. Les éléments de constats ont été publiés en 2011, explique Thierry Delbaere, responsable de l’unité «Évaluation de la sécurité des équipements et des systèmes de stockage d’énergie» à l’Ineris. Douze cas critiques ont été mis en avant et ont fait ou font, depuis, l’objet d’études plus poussées, comme le stationnement sous-terrain, le transport des batteries dans un tunnel, l’intervention des secours… »

Toutes sortes d’essais ont été et sont réalisés dans différentes configurations, batterie seule et véhicule entier, pour améliorer la sécurité intrinsèque des batteries, celle des véhicules et celle des secours lors de l’intervention. Par l’Ineris, mais également par la BSPP et le Laboratoire central de la Préfecture de Police (LCPP), et par les constructeurs comme Renault ou le groupe Bolloré.

Résultat, aujourd’hui, en plus des essais liés à leur transportabilité en tant que marchandises dangereuses, nombre de batteries mises sur le marché ont subi des tests mécaniques, électriques, thermiques et d’extinction. Si différents événements peuvent être à l’origine d’un incendie – défaut lors de la recharge, choc, acte malveillant ou propagation d’un feu venant d’un autre véhicule – experts scientifiques, constructeurs et sapeurs-pompiers s’accordent : un incendie sur un véhicule électrique n’est ni plus fréquent ni plus dangereux que sur un véhicule thermique.

Il faut juste savoir comment agir. Et rester vigilant face à la course à l’évolution technologique. «Plus on augmente les performances d’une batterie à volume et poids constant, plus la densité augmente et plus les conséquences sont susceptibles d’être brutales, rappelle Guy Marlair. On a tout intérêt à accompagner l’innovation.»

Les batteries des véhicules électriques

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