Hôpitaux : « Banaliser les violences est un danger »

17 novembre 20259 min

Face à une violence quotidienne qui augmente dans les milieux de santé, Romain Fortier, ingénieur hospitalier et responsable du service de prévention incendie et de sûreté du centre hospitaliser de l’Estran, a publié en juin 2025 un livre intitulé La sûreté à l’hôpital. Il nous explique sa démarche et sa vision de la sûreté.

Romain Fortier, ingénieur hospitalier et responsable du service de prévention incendie et de sûreté du centre hospitaliser de l’Estran © CH de l’Estran

Vous avez décidé de publier un livre sur le sujet de la sûreté à l’hôpital. Quel était votre objectif ?

Romain Fortier. Mon objectif est de valoriser l’importance de la sûreté dans nos hôpitaux, notamment face à l’augmentation des violences. Au fil de mon expérience, j’ai pu constater la banalisation de la violence et un effacement des limites. De la part des patients principalement, mais aussi des visiteurs. Je peux comprendre l’énervement parce qu’on a perdu quelqu’un et qu’on veut des réponses, parce qu’il y a eu une naissance difficile… Mais les insultes, les bousculades, les coups, c’est inacceptable.

J’ai écrit ce livre pour alerter sur le sujet. On parle des grands événements comme le meurtre au CHU de Reims, la soignante décapitée à Pau ou encore la voiture bélier qui a foncé dans un service d’urgences dans le Vaucluse. Mais on ne parle pas assez de la violence du quotidien que subissent les personnels dans nos hôpitaux. Le dernier rapport de l’Observatoire national des violences en santé montre une augmentation de presque 7 % des signalements de faits de violence entre 2023 et 2024. Il est fait état de plus de 20 000 signalements, mais on sait que les chiffres sont sous-estimés car on ne déclare pas les incidents à chaque fois, ce n’est pas dans la culture.

J’interviens auprès de l’EHESP, l’école des directeurs d’établissements hospitaliers, et j’entends parfois que la violence fait partie du métier pour les soignants. On ne peut pas l’accepter, la banalisation des violences est un danger. Il faut avoir les moyens de se protéger. Et c’est le rôle de la fonction sûreté de protéger les soignants pour qu’ils puissent agir en sécurité.

« On ne parle pas assez de la violence du quotidien que subissent les personnels dans nos hôpitaux. »

Romain Fortier, ingénieur hospitalier et responsable du service de prévention incendie et de sûreté du centre hospitaliser de l’Estran, et auteur de l’ouvrage La sûreté à l’hôpital.

Comment faire face à ces violences ?

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