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La formation professionnelle change (encore)
Tous les quatre ans environ, une réforme de la formation professionnelle est votée. La dernière en date a été introduite par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Celle-ci donne le pouvoir à la fois aux branches professionnelles pour le volet apprentissage et aux salariés qui peuvent désormais piocher dans le compte activité libellé en euros et non plus en heures.

Un paradoxe français
Avec un taux de chômage qui reste élevé (8,5 % au 2e trimestre 2019), un certain nombre d’entreprises, des PME, des TPE, n’arrivent pas à trouver des candidats avec les compétences requises. Il y a même, dans certains secteurs, une pénurie de main d’œuvre qualifiée. Combien sont à la recherche de soudeurs ou de chaudronniers ? La nouvelle réforme introduit des changements qui visent à réduire l’écart entre l’offre d’emploi et le marché du travail.
Cette réforme répond aussi à des demandes exprimées depuis longtemps par les syndicats patronaux. Ces derniers se plaignaient de cotiser pour la formation sans toujours pouvoir récolter les fruits d’un système qui, en grande partie, leur échappait.
Avec la réforme, le pouvoir passe de leur côté, ou plutôt du côté des branches professionnelles. Reste aujourd’hui que les détails concrets peinent à se mettre en place. Concrètement, les entreprises ont désormais les moyens et le pouvoir de créer des filières d’alternance ou d’apprentissage selon leurs besoins.
L’apprentissage comme maillon central de la réforme
Il existait déjà des lycées et des écoles conçues et créées par des industries (le naval, l’aéronautique ou le nucléaire). Cette fois-ci, chaque branche peut créer son référentiel métier et le mettre en place. Les entreprises pourront ainsi l’appliquer et être soutenues par leurs branches respectives. Dans les zones d’ombre, il y a désormais le coût de la formation. Un soudeur de la branche plastique et son collègue de la métallurgie font le même métier. Mais leur formation aura-t-elle le même coût ? Rien n’est moins sûr.

Pour pallier la difficulté à trouver des candidats avec les compétences requises, chaque branche professionnelle peut créer son référentiel métier et le mettre en place.
Pour les salariés en poste…
La réforme prend en compte l’évolution de la société, plus individualiste et plus numérique. Différents outils comme l’entretien professionnel ou le conseil en évolution professionnelle viennent formaliser un parcours jusque-là très tourné vers les besoins de l’entreprise et moins vers celui du salarié.
Avec eux, le salarié peut désormais être orienté vers une reconversion, une validation des acquis de l’expérience ou réaliser une formation personnelle pour développer ou accroître une compétence.
Sur ce dernier volet, le salarié ou la personne en recherche d’emploi dispose désormais d’un compte libellé en euros et non plus en heures de formation. Avec celui-ci, il peut monter un dossier de formation et choisir, parmi les formations répertoriées sur la plateforme, celle qui correspond le mieux à son besoin.
Pour les organismes de formation…
Il faut évidemment montrer patte blanche pour être répertorié sur la plateforme. La compétence acquise doit être sanctionnée par une certification ou un diplôme. Plus question par exemple de suivre des cours d’anglais avec rien au bout. Le dossier doit prévoir un objectif à atteindre qui soit mesurable. Pour l’anglais, ce peut être un certain niveau dans un référentiel comme le cadre européen commun de référence (CECR) pour les langues qui donne les fameux niveaux A1, B2, etc.
L’autre nouveauté, c’est le numérique
Tout ou partie de cette formation peut être effectuée à distance. L’engouement autour des Mooc, les massive open online courses, ces cours en ligne dispensés par de prestigieuses universités américaines et qui offrent généralement un diplôme à l’issue, est passé par là.
L’informatique permet désormais de vérifier l’assiduité des apprenants et offre une grande flexibilité aussi bien pour les horaires que sur le lieu de réalisation.
Beaucoup de choses restent encore à préciser et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, des textes sont publiés. Ainsi la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de la transformation de la fonction publique prévoit la portabilité des droits de formation et la conversion des heures accumulées en euros pour les fonctionnaires et inversement pour les salariés du privé qui passeraient dans la fonction publique.
La nouvelle réforme de la formation professionnelle est prévue pour être pleinement opérationnelle le 1er mars 2021. D’ici là, il y a assez de temps pour qu’une autre vienne la modifier.

David Kapp – Journaliste
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