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Les stratégies de lutte contre la fraude sont multiples et complémentaires

La diversité des stratégies de lutte anti-fraude

De nombreux cas médiatiques récents illustrent la nécessité de ne pas relâcher les efforts en matière de lutte contre la fraude et de diversifier les stratégies.

Le Baromètre du risk manager (Amrae, 2015) situe la fraude1 dans les premières préoccupations des risk managers. Bien avant les risques de gouvernance ou les risques stratégiques et financiers. D’autres études (EY 2014 ; UFC-Que Choisir 2014 ; PWC 2015) insistent sur le fait que la fraude reste un enjeu clé, bien souvent sous-estimé, pour lequel une attention continue est nécessaire : les schémas de fraude évoluent et les fraudeurs se professionnalisent. L’objet de cet article est d’insister sur la diversité des stratégies possibles pour lutter contre la fraude. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous insistons sur le caractère complémentaire des stratégies évoquées ainsi que l’intérêt de décliner ces dernières en pratique via des processus dédiés tout en les intégrant dans un dispositif plus large de gestion des risques.

Quelle fraude ?

La fraude est généralement envisagée comme un acte illicite ayant pour but, pour l'agent économique, de s'enrichir personnellement au détriment d'une organisation. plusieurs définitions de la fraude reprennent ce critère d'acte illicite avec enrichissement indu (code pénal, code des assurances, etc.)

La fraude est généralement envisagée comme un acte illicite ayant pour but, pour l’agent économique, de s’enrichir personnellement au détriment d’une organisation. plusieurs définitions de la fraude reprennent ce critère d’acte illicite avec enrichissement indu (code pénal qui parle plus volontiers d’ecroquerie, code des assurances, etc.)

Fixer des orientations

Une première étape consiste à définir une ou des stratégies de lutte anti-fraude. Cette dernière doit être réalisée en cohérence avec les orientations présentes dans la politique de gestion des risques et de contrôle interne de l’entreprise, pouvant intégrer ce type d’orientations. Cela suppose de répondre en pratique à certaines questions clés (ne concernant pas uniquement le risque de fraude) :

  • quelles sont les activités les plus susceptibles de subir un risque de fraude ?
  • quelles activités sont jugées critiques et à sécuriser en priorité au regard de fraudes potentielles ou de la connaissance des cas avérés ?
  • quelles limites de risques fixer : à partir de quand est-il rentable d’investir dans la lutte anti-fraude, voire de traiter un cas de fraude (au regard des coûts de fraude et de la probabilité de survenance des cas ainsi que du coût de la détectabilité des cas) ?
  • quels cas de fraude doivent impliquer une réponse de l’entreprise et un traitement prioritaire, même pour des cas peu coûteux, du fait de leur impact image/réputation et réglementaire ?

La réponse à de telles questions implique de définir différentes stratégies pouvant être adoptées indépendamment, voire être complémentaires selon les cas (voir tableau illustratif de stratégies de lutte anti-fraude ci-dessous).