Les principes du compartimentage

11 mars 20265 min

Le compartimentage est l’ensemble des mesures constructives à prendre pour lutter contre la propagation de l’incendie en créant des obstacles à cette propagation.

Le compartimentage est l’ensemble des mesures constructives pour lutter contre la propagation de l’incendie en créant des obstacles © emmanuel-AdobeStock

Ces obstacles, verticaux ou horizontaux, en empêchant ou en ralentissant l’incendie, vont permettre :

  • d’assurer ou au moins de faciliter l’évacuation rapide des personnes vers l’extérieur ou vers les lieux de recueil par des zones ou passages protégés ;
  • de limiter le plus possible le volume des zones présentant des risques particuliers pour les personnes ou pour les biens ;
  • de faciliter l’intervention des secours extérieurs en leur permettant d’accéder au cœur du sinistre ;
  • de limiter l’ampleur des dégâts sur les biens.

Ces objectifs s’appliquent d’un bâtiment à l’autre et à l’intérieur d’un même bâtiment. Dans la mesure du possible, le compartimentage, comme la plupart des mesures de protection contre l’incendie, doit être conçu dès l’avant-projet de construction, de façon à coïncider avec des découpages logiques de l’activité et des services, pour que les équipements et les aménagements s’y intègrent judicieusement.

Domaine d’application du compartimentage

Le compartimentage s’applique :

à un local, dont toutes les parois et issues devront satisfaire à des critères définis de résistance au feu ;

à un ensemble de locaux dont les « frontières » seules devront satisfaire à ces critères, cet ensemble formant un « compartiment » à l’intérieur duquel les exigences de résistance au feu des parois verticales ne seront pas imposées ; la surface d’un compartiment est limitée par la réglementation en fonction du type d’occupation ;

aux circulations ou « dégagements », qui devront présenter des parois et des issues ayant un certain niveau de résistance au feu (dégagements encloisonnés) et être limités par des recoupements au moyen de portes résistant au feu ;

aux cages d’escaliers et d’ascenseurs, dont les parois et les blocs-portes résistants au feu contribueront à les « encloisonner » ;

aux combles vides, qui devront être « recoupés » par des éléments résistant au feu ;

aux gaines et conduits traversant les parois, les planchers et plafonds, afin que leur passage n’altère pas l’efficacité de la protection, au moyen de calfeutrements, de volets et de clapets restituant le degré de résistance au feu des éléments traversés ;

aux parois séparant deux bâtiments contigus ou deux parties de bâtiments.

Le compartimentage a ses points faibles constitués par toutes les ouvertures qui y sont pratiquées et les solutions de continuité : portes, baies, passages de gaines techniques, faux-plafonds, jonctions entre murs et éléments de toiture, partie basse des cloisons, etc.

Ces éléments éloignent le compartimentage du modèle idéal qui vise à limiter le feu dans la zone où il a pris naissance. C’est la raison pour laquelle la réglementation associe toujours les mesures relatives aux parois, plafonds, planchers à des mesures complémentaires concernant les ouvertures.

Principes constructifs du compartimentage

Les principes du cloisonnement ou du compartimentage découlent naturellement des objectifs visés. Les obstacles dressés pour contenir le feu ont un degré de résistance qui est fonction du type de feu prévisible, du risque encouru par les occupants et les biens, du temps nécessaire à l’évacuation, etc. En pratique, ce degré de résistance est imposé par la réglementation ou recommandé par l’assureur, pour les parois et pour les ouvertures.

Les murs

Les murs et cloisons peuvent être en maçonnerie (parpaings, briques, carreaux de plâtre, etc.) ou en éléments préfabriqués. Lorsque l’utilisation d’un matériau de base seul ne suffit pas à conférer à l’élément le degré de résistance au feu requis, on lui adjoint des matériaux de protection rapportés. L’ensemble doit cependant avoir fait l’objet d’un procès-verbal par un laboratoire agréé. Dans tous les cas, les performances sont données pour une hauteur en relation avec l’épaisseur de l’élément.

Les problèmes ne se posent pas tant pour les parois, dont la réalisation répond généralement aux critères demandés, que pour les ouvertures qui doivent conserver une bonne mobilité et supporter un nombre important de manœuvres.

Les portes

Tous les dispositifs susceptibles d’altérer la résistance au feu des éléments de cloisonnement ou de compartimentage doivent être conçus de manière à limiter au maximum cette éventualité :

Toutefois, le degré de résistance au feu imposé par la réglementation pour les blocs-portes est en général inférieur à celui exigé pour les parois dans lesquelles elles s’insèrent. Ceci prend en compte le fait que les ouvertures, dégagées par vocation pour le passage des personnes, sont moins fortement exposées aux effets directs d’un sinistre car éloignées de la charge calorifique.

Par ailleurs, les conditions de montage des éléments coupe-feu influencent considérablement la qualité du compartimentage : une porte coupe-feu doit être parfaitement solidaire de la paroi dans laquelle elle est insérée, les jonctions des parois avec les plafonds et les planchers doivent être traitées à l’aide de joints isolants, les passages de gaines et conduits doivent être soigneusement calfeutrés conformément aux spécifications du procès-verbal d’essais, etc. De nombreux matériaux sont aptes à restituer l’intégrité d’une paroi résistant au feu : plâtre, enduits, mastics d’enrobage, plaques de laine de roche ou de verre, plaques de béton cellulaire, sacs coupe-feu, presse-étoupe, manchons métalliques pour canalisations plastiques.

À lire également

Découvrez l’intégralité de nos fiches pratiques dans notre rubrique “Fiche pratiques”.

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