Le cargo Ruby a enfin trouvé un port
Après avoir passé un mois à l’ancre au large des côtes anglaises en raison d’avaries, le navire vraquier Ruby a enfin trouvé un port où décharger sa cargaison de 20 000 tonnes d’engrais azotés à base de nitrate d’ammonium.

Épilogue pour le vraquier Ruby, présenté par certains médias comme une «bombe flottante» en raison de sa cargaison de nitrate d’ammonium. Le navire a pu accoster le 28 octobre dans le port de Great Yarmouth en Angleterre, en vue d’y décharger sa cargaison.
Parti le 22 août du port de Kandalakcha, en Russie, le cargo a subi des avaries à la suite d’une tempête. Son chargement étant composé de 20 000 tonnes d’engrais azotés à base de nitrate d’ammonium, aucun pays n’a accepté de l’accueillir pour que soient réalisées les réparations nécessaires. Norvège, Suède, Lituanie, Belgique, France, Royaume-Uni : pendant plus d’un mois, les ports des pays du nord de l’Europe se sont renvoyé la balle. Le navire et son équipage ont donc dû patienter du 25 septembre au 27 octobre au large des côtes anglaises, le temps que la situation se débloque et qu’un port accepte d’accueillir le cargo. C’est donc le dimanche 27 octobre, dans la soirée, que le bateau a pris la direction de Great Yarmouth, seul port, semble-t-il, à avoir accepté de l’accueillir.
Selon le site spécialisé Lloyd’s list, citant un porte-parole du propriétaire maltais du cargo, le Ruby doit désormais transférer sa marchandise sur un autre navire, afin de la livrer à plusieurs ports d’Afrique, dont la localisation n’a pas encore été révélée.
Psychose autour du nitrate d’ammonium
Le temps passé à l’ancre par le Ruby semble être, selon l’expert en transport maritime de matières dangereuses Éric Slominski dans un entretien accordé à Face au Risque, la conséquence d’une psychose autour du nitrate d’ammonium. C’est en effet cette substance qui a causé l’explosion du port de Beyrouth en 2020, faisant 235 morts et plusieurs milliers de blessés.
Pour autant, la cargaison du Ruby est beaucoup moins dangereuse que celle de Beyrouth. Dans la capitale libanaise, il s’agissait de nitrate d’ammonium destiné à la fabrication d’explosifs, là où le Ruby est chargé d’engrais composés d’un nitrate d’ammonium qui contient moins de 0,2% de matière combustible.
Selon le même expert, l’inaction et le manque de coopération des pays européens sont bien plus inquiétants que la cargaison du navire elle-même. «On peut se demander ce qu’il se passera le jour où on aura un incendie ou une explosion» s’était-il interrogé lorsque nous l’avions interviewé le 21 octobre.

Camille Hostin – Journaliste
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