Quel impact de la crise sanitaire sur la sécurité à l’hôpital ? Les réponses d’Agnès Oberlin, présidente de l’Acses
L’enquête CNPP-Face au Risque menée auprès des chargés de sécurité-sûreté en ERP à propos de l’impact de la crise sanitaire a révélé des tendances intéressantes. Afin de donner corps à ces résultats bruts concernant un secteur exposé, celui des établissements de santé (ERP types J et U), nous avons interrogé Agnès Oberlin, présidente de l’Acses[1].

L’enquête montre une réaffectation des missions de sécurité/sûreté concernant les établissements de soin (53,8 %), avec une sollicitation intense (surcharge de travail, stress) : pouvez-vous nous citer des exemples concrets de ces phénomènes ?
Agnès Oberlin. En préambule, je voudrais rappeler que cela fait déjà plusieurs années que nous voyons nos missions évoluer. La montée de la violence en établissement de soins a été constatée maintes fois de manière factuelle. C’est un phénomène massif lié à une modification sociétale.
Pendant très longtemps, il y a eu une volonté d’ouvrir l’hôpital sur la ville, afin que les habitants s’approprient ce lieu de délivrance des soins. La montée de la violence nous a rendu vigilants, et nous avons commencé à mettre en place des systèmes techniques permettant de restreindre l’accès au public. Alors que certains grands hôpitaux sont dotés d’équipes de sûreté, dans beaucoup de structures de taille petite à moyenne, les agents de sécurité incendie ont dû prendre les missions de gestion des conflits entre les publics : visiteurs, accompagnants et personnel soignant. Depuis plusieurs années, on a une montée en charge de ce phénomène, et ce sont les agents SSIAP qui s’en sont occupés.

« La crise sanitaire a révélé deux choses : l’immense perméabilité de nos hôpitaux, et la difficulté de fermer les accès. »
Agnès Oberlin, présidente de l’Acses.
Pour revenir à votre question, la crise sanitaire a révélé deux choses : l’immense perméabilité de nos hôpitaux, et la difficulté de fermer les accès. Car nous avons été contraints de mettre en place des interdictions d’accès à l’hôpital. Cela a été assez traumatisant car cela ne s’était jamais produit jusque-là : nous n’avions jamais eu besoin de le faire. Il a donc fallu nous adapter de manière importante pour fermer une grande partie des accès de l’hôpital, et surveiller les accès restés ouverts.
Fermer l’hôpital, cela veut dire ne laisser passer que les personnes qui avaient quelque chose à y faire : cela a engendré toute une organisation pour pouvoir filtrer les accès. Ça n’a pas été une opération simple, et en plus nous avons été obligés de la mettre en place du jour au lendemain.

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