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AZF Toulouse, impact et mise en sécurité
Six mois après l’explosion, les hypothèses se précisent mais toujours pas de certitudes tandis que Toulouse continue de panser ses plaies…

L ‘explosion à l’usine AZF de Toulouse en septembre 2001 constitue l’accident industriel le plus dévastateur survenu en Europe depuis l‘explosion d’un dépôt de feux d’artifices en Hollande en mai 2000, qui avait entrainé la mort de 20 personnes, causé 1 000 blessés et détruit plus de 200 maisons sur 4 ha.
Toulouse a malgré tout frôlé une catastrophe encore plus dévastatrice. C’est la réflexion que l’on fait en arpentant les décombres du site à partir des bords du cratère. Il semble que son cône ait été légèrement plus orienté vers le nord du site, c’est-à-dire vers les hangars de stockage des ammonitrates et en direction de la ville. De ce fait, si les milliers de mètres cubes de terre projetés en l‘air par l’explosion ont enseveli une grande partie de ces hangars d’ammonitrates en attente d’expédition (sacs et big-bags de 500 kg), les effets sur les installations sud de l’usine, beaucoup plus dangereuses au niveau des matières stockées et manipulées, ont été atténués. Au-delà d’un imposant hall de stockage de 5 000 m² en béton, rempli de 15 000 t d’ammonitrates, qui, grâce à sa forme semi-cylindrique, a eu un effet déflecteur, se trouvaient des unités de fabrication et de stockage autrement plus sensibles : zone de fabrication et de stockage d’acide nitrique, zone urée, zone ammoniac, zone acides cyanures et dérivés, stockages de chlore, les deux dernières zones étant longées par la « fameuse » canalisation de phosgène permettant à Ia SNPE d’alimenter Tolochimie, à l’extrême sud de la zone industrielle.
L’importance des dégâts visuels décroît très rapidement, vers le sud, passe la zone « acide nitrique ». Les dégâts apparents se manifestent sur les éléments offrant une résistance de surface au souffle : bardages d’acier arrachés, jupes de bacs déformées et cloisons légères, ouvrants et toitures détruits. Toutefois, quelques objets « missiles » ont perforé des capacités, notamment d’acide nitrique, générant des vapeurs orientées vers la zone dévastée. 11 pompiers ont été intoxiqués.
Une atteinte plus directe de la zone sensible sud par le souffle de l’explosion aurait pu générer la formation d’un nuage de chlore, d’ammoniac ou de vapeurs nitreuses, le poussant sur les quartiers ouest très denses vers lesquels soufflait le vent d’Autan (vent qui ne souffle semble-t-il que quelques dizaines de jours par an, dont le 21 septembre).
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