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Reconnaissance faciale

Mis en sommeil par la crise sanitaire et les échéances électorales, le débat sur l’usage de la reconnaissance faciale est relancé en France. L’approche des grands événements sportifs, et la perspective d’expérimentation de nouvelles solutions technologiques, n’y est pas étrangère. Les récents incidents qui se sont déroulés au Stade de France en mai dernier ont aussi contribué à alimenter les conversations.
La reconnaissance faciale est-elle interdite en France ? Notre dossier montre que le cadre de sa mise en oeuvre au sein du RGPD est contraignant. Mais que son déploiement reste possible, et qu’il est d’ailleurs effectif, dans certaines limites contrôlées par la Cnil. Faut-il repousser ces limites ? Les fournisseurs de technologies soutiennent qu’une expérimentation rigoureuse de la reconnaissance faciale ne pourra se faire qu’en débridant son usage. Et notamment que l’efficacité de son algorithme ne pourra être testée qu’en grandeur réelle et à large échelle. Sur le plan de l’efficacité, il est légitime d’attendre d’une technologie potentiellement intrusive, recueillant des données biométriques, qu’elle soit efficace et opérationnelle, c’est-à-dire robuste, fiable et interopérable. Avec une attention toute particulière accordée à la sécurité des données personnelles traitées.
À un autre niveau, ce déploiement d’une technologie de traitement de données biométriques à large échelle, notamment dans l’espace public, comporte d’autres risques. Où il est question d’éthique et de consentement, de liberté d’aller et venir tout en respectant l’anonymat des personnes, de surveillance de masse dans un hypothétique nouveau contexte d’état d’urgence. Le gain en sécurité attendu par l’usage des nouvelles technologies compense-t-il le risque de perte de liberté ? Vaste sujet !

Bernard Jaguenaud