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Tensions sur la supply chain

Le 7 février 2020, à l’aube d’une pandémie meurtrière et inédite, le quotidien Le Monde titrait : « Coronavirus: les usines chinoises à l’arrêt, l’industrie européenne s’inquiète ». Du secteur médico-pharmaceutique à la tech en passant par l’industrie automobile, les experts s’interrogeaient en effet sur les conséquences du grippage sanitaire en même temps qu’économique de la Chine en termes d’approvisionnements. Au terme de la décennie 2010-2019, le constat est sans appel : en même temps qu’une superpuissance influente, la Chine est devenue l’atelier du monde.

Depuis deux ans maintenant, le virus et ses mutants colonisent la planète entière, perturbant gravement la supply chain. À la mesure de l’événement et gardant à l’esprit les énormes soubresauts liés à la crise financière de 2008, certains parlent déjà d’un épisode inédit et de tensions durables… Au gré des confinements, des fermeture d’usines et de la paralysie des flux logistiques sur tous les continents, rares sont les entreprises qui n’ont pas vu leur écosystème vaciller. Beaucoup naviguent à vue. À tel point que les risques d’interruptions d’activités (y compris les perturbations de la chaîne logistique) se sont installés en première place du top 10 des principaux risques en France, restant à la 2e place derrière les risques d’incidents cyber au niveau mondial.

Quelle est la nature du risque de supply chain et comment expliquer cette désorganisation au niveau mondial? C’est ce que nous tentons d’abord d’analyser dans notre dossier spécial. Puis, nous observons les impacts concrets de ces tensions sur des entreprises ou des organisations du monde de la sécurité, en examinant les contre-mesures mises en œuvre.

Bernard Jaguenaud