Edito octobre 2010
Management et contrées à risques
Dans l’actualité de ces dernières semaines, l’enlèvement de collaborateurs d’Areva et de Vinci au Niger mérite une attention très appuyée, au moins pour deux raisons.
D’abord, ce genre d’agissement est particulièrement odieux et reflète le manque de respect de la personne humaine de la part de leurs auteurs. Ensuite, cet événement met en lumière la vulnérabilité de ceux qui, dans un univers mondialisé, sont amenés à travailler dans des régions difficiles, comme le nord du Niger pour permettre la production d’énergie.
Parmi les risques auxquels sont soumis les entreprises et leurs collaborateurs, ceux relatifs à la sûreté des personnes expatriées ou en mission sont à placer au centre des préoccupations des managers et des dirigeants, s’ils n’y sont déjà. Une coopération permanente très étroite entre les pouvoirs publics et le secteur privé est assurément l’une des voies préventives à privilégier, ainsi que l’un des moyens de traitement incontournable.
Au sein des entreprises, même si la problématique n’est pas nouvelle, les dangers encourus par les personnels envoyés dans les contrées à risques ne sont-ils pas néanmoins à classer dans les risques émergents, du fait de l’accélération des échanges internationaux et de la concentration de certains enjeux dans des zones sensibles ? Ainsi, dans une approche de risk management, l’évaluation de ces risques est à confronter précisément aux enjeux correspondants et à la nature et au coût des moyens de prévention et de protection qu’il est ou serait nécessaire de mettre en oeuvre.
Par la force des choses, notre pays est de plus en plus dépendant de contextes et d’éléments étrangers. Ceci est à même de progressivement modifier, voire bouleverser, l’échelle de critères et de valeurs qui guide nos réactions et nos décisions.

