Edito Avril 2011
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Risque planétaire
Le séisme de Sendai et le tsunami engendré ont provoqué une¦hécatombe de près de 30 000 morts et disparus. Les dommages matériels sont aujourd’hui estimés à plus de 200 milliards d’euros. Des vagues ayant atteint jusqu’à près de 20 mètres de hauteur ont submergé la centrale nucléaire de Fukushima et se sont retirées en laissant les installations lourdement endommagées et le Nord-Est du Japon contaminé. Depuis lors, toute cette région du monde est sous la menace d’un risque nucléaire de grande amplitude. Nous sommes face à la conjonction exceptionnelle et simultanée d’un risque naturel majeur et d’un risque technologique majeur.
Les dommages des radiations nucléaires, non immédiatement visibles, font très peur et, devant un tel drame, de nombreuses voix s’élèvent, notamment en Europe, pour appliquer une stratégie d’évitement en proposant d’arrêter la production d’énergie nucléaire. Par ailleurs, la croissance économique mondiale entraîne une demande grandissante en énergie, notamment électrique. Or il est aujourd’hui très difficile de satisfaire ces besoins de façon continue sans l’énergie nucléaire, du fait de l’inévitable limitation du recours à l’énergie fossile, de la disponibilité variable des énergies renouvelables et des possibilités de stockage réduites de l’électricité. Pour toutes ces raisons, le scénario le plus réaliste est, au-delà de l’impérieuse nécessité d’économie énergétique, la cohabitation de différentes formes d’énergie, y compris nucléaire.
En conséquence, en l’absence d’évitement, la question de la maîtrise du risque nucléaire est à la fois cruciale et planétaire car les nuages radioactifs franchissent les frontières. A cette fin, plus que dans d’autres domaines, la coopération internationale s’impose.
Parallèlement, l’enchaînement de catastrophes naturelles, dans des zones très peuplées, à Haïti, en Chine, au Chili, au Pakistan, en Australie et aujourd’hui au Japon, crée de nouvelles exigences de prévention et de protection. En effet, globalement les accidents les plus meurtriers et les plus coûteux sont souvent de nos jours ceux causés par la nature, comme malheureusement le tremblement de terre japonais du 11 mars 2011.
Benoît Clair Directeur de la publication

