Une mauvaise gestion des ressources naturelles accroît les risques d’interruption d’activité et de responsabilité civile

Date de publication : 15/06/2018  

Le secteur des transports est l'un des plus exposés aux risques liés au capital naturel. Photo Paty Wingrove/Fotolia
Le secteur des transports est l'un des plus exposés aux risques liés au capital naturel. Photo Paty Wingrove/Fotolia

Pénurie d’eau, nouvelle législation sur les émissions de gaz à effet de serre, pression de la société : AGCS publie une étude sur l’impact d’une mauvaise gestion des ressources naturelles, ou « capital naturel », sur l’entreprise.

Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) a publié, le 12 juin 2018, un rapport intitulé " Measuring and managing environmental exposure: a business sector analysis of natural capital risk". Il analyse les données du prestataire d’études MSCI ESG Research, portant sur plus de 2 500 entreprises, afin d’évaluer l’exposition aux risques liés au capital naturel dans douze secteurs d’activité.  

Si un nombre croissant d’entreprises a pris conscience de leur rôle dans l’appauvrissement des ressources et évaluent leur empreinte sur le capital naturel, pointe le rapport, beaucoup n’étudient pas, cependant, les risques associés et les solutions d’atténuation disponibles. 

La pénurie des ressources, le renforcement de la réglementation, ainsi que la pression des collectivités et de la société ne cessent de s’accentuer et peuvent interrompre l’activité des entreprises et mettre en cause leur responsabilité.  

Le pétrole et le gaz, l’exploitation minière, l’alimentation et les boissons, ainsi que les transports, sont les plus exposés au regard de cinq problématiques : la biodiversité, les émissions de gaz à effet de serre (GES), les émissions d’autres gaz, l’eau et les déchets.  

Trois phases d’évolution des risques liés au capital naturel  

Selon le rapport, les risques liés au capital naturel évoluent en trois phases avant de compromettre le résultat net d’une entreprise.

Dans la première phase, les risques font l’objet d’une prise de conscience croissante, en raison généralement des changements qui se produisent physiquement dans l’environnement naturel, mais aussi dans l’opinion publique ou encore le contexte judiciaire ou réglementaire. Les entreprises doivent étudier pro activement les risques potentiels liés à ces tendances, et évaluer dans quelle mesure ces risques peuvent impacter leur activité, voire leur modèle économique. 

Dans la deuxième phase, ils commencent à toucher l’entreprise au niveau de la chaîne d’approvisionnement, de leurs propres activités ou de leur site d’exploitation, par le biais de la réglementation, des pressions sociales croissantes ou de la pénurie des ressources. Des mesures d’atténuation s’imposent alors dans le cadre de la gestion des risques.  

Dans la phase ultime, s’ils n’ont pas pu être atténués, les risques se concrétisent et ont des conséquences telles que le paiement d’indemnités de responsabilité civile, l’augmentation des coûts de production ou l’interruption d’activité. L’impact de ces dommages peut être important et durable. Dans cette phase, les mesures à prendre doivent porter sur la réduction des impacts par une gestion de crise.  

« Les menaces sur l’environnement viennent de différents horizons, et à l’avenir, les entreprises ne pourront plus agir comme si de rien n’était, souligne Christ Bonnet, responsable des services aux entreprises en matière environnementale, sociale et de gouvernance chez AGCS. Elles devront comprendre, quantifier et même monétiser leur dépendance au capital naturel et les conséquences écologiques de leur activité, afin de garantir leur résilience et leur pérennité. »