Pour FM Global, les essais de tenue au feu des bardages extérieurs doivent être renforcés

Date de publication : 05/02/2018  |  D. K.

Revêtement de façade (D'Arcy Norman via Flickr)
Revêtement de façade (D'Arcy Norman via Flickr)

2017 a été marqué par plusieurs incendies d'immeubles dont le plus meurtriers a été celui de la tour Grenfell à Londres. À chaque fois, le revêtement extérieur disposé en façade a joué un rôle déterminant dans l'aggravation du sinistre. Pour l'assureur américain FM Global, les essais de tenue au feu de ces matériaux doivent être revus et durcis.

Le 14 juin 2017, la tour Grenfell de Londres s'embrasait à la suite d'un court-circuit sur un réfrigérateur.

Très rapidement le feu se propageait sur les façades extérieures conduisant à la mort de 71 personnes.

Si l'enquête publique sur la catastrophe n'est pas encore close, le revêtement, qui n'avait pas la tenue au feu exigée, a été montré du doigt et a provoqué une revue complète dans ce domaine.  Particulièrement en France où la question de savoir si un tel drame pouvait se produire a été posée.

Pour l'assureur FM Global, l'un des leaders de l'assurance dommages, ces revêtements hautement combustibles, "sont choisis pour des raisons esthétiques, de performance énergétique, de résistance aux intempéries et de rentabilité, sans prendre en compte la question de la sécurité."

Il note également que "certaines méthodes couramment employées pour tester la combustibilité des bardages extérieurs permettent à des combinaisons de matériaux dangereuses d’être homologuées pour une utilisation en façade de bâtiments résidentiels et commerciaux.

Les assemblages de matériaux ne font pas toujours l’objet d’essais de tenue au feu : leur combustibilité n’est alors évaluée que par le biais d’études documentaires, donc théoriques, et leur véritable comportement au feu ne sera connu qu’en cas d’incendie."

Selon lui, "l’émergence de ce type d’évaluation s’explique par les coûts et délais importants associés à la réalisation d’essais en grandeur réelle."

L'assureur, qui dispose de laboratoires techniques à Rhode Island aux États-Unis, propose aujourd’hui un protocole d’essai optimisé pour les systèmes de bardage en matériaux composites à matrice métallique ou aluminium.

Ce protocole s’appuie sur les résultats d’essais réalisés conformément au protocole d’essai du standard ANSI/FM 4880 (lien vers document PDF, inscription requise), conçu pour étudier le comportement au feu de deux panneaux parallèles de 5 m de haut.

FM Global présente les points forts de ce protocole d’essai dans son nouveau rapport technique de recherche, Evaluation of the Fire Performance of Aluminum Cladding Material (ACM) Assemblies Using ANSI/FM 4880 (Évaluation du comportement au feu de systèmes de bardage en aluminium sur la base du standard ANSI/FM 4880).

« Même si la plupart des bureaux d’étude en sécurité incendie réalisent leurs revues documentaires en toute bonne foi, les pratiques actuelles et la réglementation existante permettent à des systèmes de bardage déficients et dangereux de passer entre les mailles du filet », explique Louis A. Gritzo, vice-président, responsable de la recherche chez FM Global. « C’est un risque inacceptable dans la mesure où il cause des incendies meurtriers même dans des pays développés. Nous sommes convaincus que le protocole d’essai du standard ANSI/FM 4880 est une composante clé de la solution. »

Le nouveau rapport technique de recherche vient compléter un livre blanc récemment publié par FM Global,

Tour Grenfell : une tragédie prévisible, qui analyse les risques d’incendie liés aux bardages combustibles (lien direct vers le pdf en Français).