Piège

Date de publication : 15/02/2018  |  Auteur : D.K

Photo Twitter @HellrqiserDrown
Photo Twitter @HellrqiserDrown

Fin janvier et jusqu’à début février 2018, une enseigne de la grande distribution a, pour deux produits différents, créé des phénomènes d’émeutes dans ses magasins. À tel point que dans certains cas, les agents de sécurité ont dû faire appel aux forces de l’ordre. Les images, qui ont fait le tour du monde, ne sont pas seulement déplorables. Elles sont préjudiciables aux marques qui se trouvaient embarquées – « à l’insu de leur plein gré » – dans ces courses à la promotion. Bien évidemment le but est économique et c’est le buzz qui est recherché. La technique est vieille comme les hypermarchés : avec un produit d’appel, on augmente le panier moyen. De la même manière que les constructeurs de téléphone « organisent » des files d’attente à l’entrée de leur « store », les supermarchés créent des situations propices à des bousculades dans leurs magasins. Et ceci alors même qu’ils doivent respecter le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique ! Ce sont pourtant les mêmes qui voudraient voir les clients contrôlés à l’entrée sous des prétextes de sécurité et sont chaque jour plus intrusifs pour ces mêmes motifs. À l’entrée, il faut montrer patte blanche. Et les agents Ssiap sont priés de faire de la sûreté simplement parce que la menace aurait, dit-on, changé. Mais dans le même temps, on crée des cohues dans les magasins simplement pour faire du bruit. Ce n’est pas sérieux. Il n’est pourtant pas si loin le temps où des responsables de magasins cadenassaient les sorties de secours (on veut croire que la pratique s’est perdue). La loi de 83-634 sur la sécurité privée est aussi intimement liée à la mort d’un SDF battu par les agents d’un centre commercial. Et en 2009 à Lyon, un homme mourait asphyxié dans un supermarché après avoir été étouffé par des agents de sécurité. Alors, quand les mêmes enseignes voudraient préconiser des règles de sécurité, il faut parfois les écouter d’une oreille distraite. Car effectivement, la distraction n’est jamais très loin.