Lait contaminé : le rappel de produits coûte cher

Date de publication : 14/12/2017  |  G.C.

Sander van der Wel via Flickr
Sander van der Wel via Flickr

L’affaire prend de l’ampleur. Après le retrait de 12 lots de laits infantiles suite à des contaminations de nourrissons par des salmonelles, le Gouvernement a étendu le rappel, le 10 décembre 2017, à 608 autres références. Soit environ 7 000 tonnes de poudre de lait, fabriquées par le groupe Lactalis dans son usine de Craon en Mayenne.

À la suite d’inspections de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et de la Direction de la santé, le ministre de l’Économie a considéré « que les mesures prises par l’entreprise n’étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas âge ». D’où la décision d’étendre le rappel. Certaines familles envisagent de porter plainte et de mener une action de groupe.

>>> Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse du Gouvernement.

La contamination proviendrait d’une tour de séchage utilisée pour assécher le lait. L’usine est désormais à l’arrêt et un arrêté préfectoral conditionne son redémarrage à la mise en place de mesures correctives. Comme l’a expliqué le porte-parole du groupe à Ouest France, il n’est pour le moment pas question de chômage technique pour les 550 salariés, fortement mobilisés, notamment pour des actions de nettoyage et de désinfection. 

C’est la deuxième fois que l’usine est touchée par un problème de salmonelle. En 2005, l’État avait déjà retiré des laits infantiles fabriqués à Craon à la suite de la contamination de plus de 120 enfants. L’usine appartenait alors au groupe Célia, elle avait été rachetée un an plus tard par le groupe Lactalis.

Le 16 décembre 2017, cinq nouveaux lots de lait infantiles ont été ajoutés à la liste des retraits.

L’agroalimentaire, secteur très touché par le rappel de produits 

D’après un rapport publié par Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) début décembre 2017, les risques associés aux rappels de produits ont augmenté ces dix dernières années avec la progression de la technologie, générant des dommages financiers considérables. En cause, le durcissement de la réglementation, la mondialisation des chaînes d’approvisionnement, la réduction du nombre de fournisseurs de matériaux et la sensibilisation des clients. 

Le rapport, qui analyse 367 demandes d’indemnisation faisant suite à des rappels de produits dans 28 pays entre 2012 et le premier semestre 2017, montre que le coût moyen d’un incident dépasse 12 millions de dollars, sans compter les effets de ricochet qui peuvent coûter des milliards.

Source : AGCS / Piktochart

Les secteurs les plus touchés : 

  • L’automobile. Les rappels du secteur représentent 70 % de la valeur totale des pertes analysées dans le rapport.
  • L’agroalimentaire. Il représente 16 % des pertes analysées. Le coût moyen des demandes d’indemnisation pour un rappel de produits majeur avoisine 9,5 M$. Un exemple marquant est le scandale de la viande de cheval il y a 4 ans en Europe. 
  • L’informatique/électronique. 

Le rapport met en avant de nouveaux facteurs déclencheurs : l’éthique, les réseaux sociaux (qui amplifient le risque de rappels s’ils sont mal gérés) ou le piratage de produits. Le cyber-risque est sous-estimé, pointe le rapport. Les pirates sont susceptibles de modifier ou contaminer un produit en prenant le contrôle des machines dans les usines de fabrication automatisées.