Grand Paris : « La sécurité est appréhendée comme une doctrine globale »

Date de publication : 01/02/2018  |  Propos recueillis par V. D.

Grand Paris : « La sécurité est appréhendée comme une doctrine globale »

Le 14 décembre 2017, la société du Grand Paris et la Préfecture de Police de Paris ont signé une convention relative à la sécurité sur les chantiers du Grand Paris Express, notamment pour prévenir les vols et les actes délictueux. 

Bertrand Masselin, responsable de la sécurité et de la sûreté des chantiers de la société du Grand Paris, présente les enjeux de la sécurité de ce projet hors normes.

Dans quel contexte s’inscrit cette convention ?

Bertrand Masselin. Le Grand Paris Express est le plus grand projet actuellement en Europe. Démarré en 2010, il prévoit le doublement des linéaires du métro avec 200 km de voies supplémentaires dont 80 % en souterrain. Les correspondances seront plus importantes avec la création d’interconnexions avec les lignes existantes. Enfin, 68 nouvelles gares seront construites. Au total, le Grand Paris Express représente plus de 250 chantiers.

Quels sont les principaux risques ?

B. M. Les risques les plus redoutés sont notamment les incendies, les effondrements, les chutes de hauteur, les accidents de circulation… Dès la phase conception, une analyse de risques est réalisée avec les différents acteurs. Des plans de coordination de la sécurité et des plans de secours
sont déclinés avec les différentes entreprises intervenantes, avec un focus sur le risque souterrain. 

Comment prendre en compte la sécurité sur un tel chantier ?

B. M. La sécurité est appréhendée comme une doctrine globale. Elle est commune à l’ensemble des travaux pour être plus cohérente et plus adaptable aux exigences des différents chantiers. Elle est envisagée sous plusieurs dimensions. 
Tout d’abord de manière horizontale avec des protections volumétrique, périmétrique et périphérique pour sécuriser l’environnement ainsi que les tiers. 
Ensuite de manière verticale, 80 % du chantier étant en souterrain et le reste en aérien. 
Enfin, de manière temporelle. Il faut raisonner sur toutes les évolutions du projet, toutes les étapes de vie du chantier. 
Il convient d’avoir une vision unique et cohérente de la sécurité. Les secours doivent pouvoir intervenir dans les mêmes conditions et avec la même efficacité, quel que soit le site concerné. 
La sécurité doit également être adaptable. Nous avons élaboré des  référentiels qui ont vocation à évoluer. Nous prenons pour cela en compte les retours d’expérience, issus d’événements ou d’exercices avec les services de secours.

Le 7 novembre 2016, un incendie criminel a détruit une partie du chantier du puits d’essai d’Aulnay-sous-Bois. Quelles ont été les mesures prises à la suite de cet acte ?

B. M. Des échanges ont été menés avec les autorités locales. Les moyens de protection ont été renforcés en fonction du contexte du quartier et notre partenariat a été renforcé avec le référent de sûreté local. Ce dernier est un correspondant de police ou de gendarmerie qui a une très
bonne connaissance du territoire et qui connaît le contexte local de délinquance, ce qui permet d’analyser et de renforcer les mesures de sécurité face à des menaces particulières.